De nombreux protagonistes, venus témoigner dans une table ronde, se mobilisent au quotidien en faveur de la prévention aux côtés des entreprises. « Les acteurs doivent s’efforcer d’œuvrer pour l’émergence d’une culture de prévention intégrée, et cela malgré le scope toujours plus important des problématiques à considérer », explique Mathieu Pavageau, directeur technique et scientifique de l’Anact. « Le travail en réseau – avec les Carsat – et la collaboration avec les partenaires sont essentiels », renchérit Anne Thiebeauld. Elle rappelle que la branche AT-MP, qui fait de la prévention, indemnise et tarifie, accompagne 3 % des entreprises (responsables de 30 % des sinistres) chaque année.
L’OPPBTP, seul organisme professionnel de branche dédié, s’engage à partir de la connaissance des métiers du BTP dans l’accompagnement à la prévention des entreprises du secteur – dont plus de la moitié a moins de 20 salariés –, souligne Paul Duphil, secrétaire général de l’OPPBTP, pour qui « la répétition [des messages de prévention] est mère de la pédagogie ». Il faut bien sûr aller au-delà de l’entreprise, et « intégrer l’ensemble des donneurs d’ordre à la démarche », affirme Patrick Benjamin, président du Groupe d’échanges des préventeurs interentreprises (Gepi), qui rappelle l’obligation depuis 2011 de désigner dans chaque entreprise un référent prévention.
Quels sont les freins à la diffusion d’une culture de prévention ? « Il n’est pas toujours facile de travailler avec les branches professionnelles », estime Mathieu Pavageau de l’Anact qui mène pourtant une expérimentation avec la plasturgie. Pour lui, il faut « travailler à construire des acteurs relais (mutuelles, Opco, etc.), qui permettent de démultiplier la force de frappe » en faveur de la prévention. Paul Duphil évoque aussi les bataillons que constituent les services de prévention et de santé au travail (SPST), à condition d’améliorer le travail en coopération. « Il n’y a pas de culture de prévention, unique et figée, à diffuser ; il s'agit plutôt de faire vivre une matière en constante évolution, sans confondre le prescrit et le réel, en s’autorisant à innover et en s’efforçant de lui redonner du sens pour les entreprises », conclut Séverine Brunet, directrice des applications de l’INRS.