L’emploi s’adapte également à la nouvelle situation, indique la FFB dans sa note de conjoncture. Le bâtiment a perdu 3 300 postes en 2023, dont 1 900 postes salariés. Et le mouvement s’accélère puisqu’entre les seuls quatrièmes trimestres 2022 et 2023, le recul atteint 13 300 postes. « De plus, nous maintenons nos prévisions de 90 000 emplois détruits à fin 2024 », signale Olivier Salleron.
Pour autant, les difficultés de recrutement chez les entreprises de plus de dix salariés restent à niveau élevé sur le quatrième trimestre 2023, 79,3 % d’entre elles déclarant en souffrir, contre environ 60 % en moyenne depuis début 1990.
Selon l’Insee, en glissement annuel sur trois mois à fin janvier 2024, hors micro-entrepreneurs, les créations d’entreprises dans la construction reculent de 8,3 %, alors qu’elles augmentent encore légèrement pour l’ensemble de l’économie (+1,1 %).
Quant aux défaillances dans le bâtiment, selon Altares, elles s’envolent de 40,3 % sur la même période et même de 32,4 % par rapport au niveau d’avant crise sanitaire (novembre 2019 à janvier 2020), sans disparité entre gros œuvre (+31,9 %) et second œuvre (+32,7 %).
Seules bonnes nouvelles, les coûts des matériaux et de l’énergie se stabilisent globalement, ce qui simplifie les calculs de prix « justes », et les délais de paiement clients semblent se réduire, après la brusque envolée de l’été 2023 qui pesait sur les trésoreries.
*Dans un communiqué en date du 8 mars 2024, la FFB a indiqué qu’il a été décidé par le gouvernement « de lever les freins sur les gestes simples, notamment en supprimant l’obligation de changer le système de chauffage et d’établir un DPE préalable. L’interdiction de recourir aux gestes simples pour les passoires thermiques à compter du 1er juillet est également levée. Par ailleurs, la simplification du mécanisme de validation prévue pour Mon Accompagnateur Rénov devrait permettre de supprimer progressivement les plus lourds blocages et réduire les délais d’intervention. »