La rentrée 2026 marque une étape importante pour les entreprises du bâtiment et des travaux publics en matière de prévention des risques professionnels, de santé au travail et de sécurité sur les chantiers. Passeport prévention, reconnaissance des maladies professionnelles, nouveautés Fipu… Tour d'horizon des principales évolutions.
Date : 08/01/2026
Isabelle Condou
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En cette rentrée 2026, la prévention dans le BTP se structure davantage. Nouvelles obligations, dispositifs de financement, nouvelle campagne de sensibilisation renforcent les démarches des entreprises, avec un objectif commun : mieux tracer, mieux anticiper et mieux prévenir les risques professionnels sur les chantiers. Voici un tour d’horizon des principales évolutions à anticiper, ainsi que des ressources mises à disposition par l’OPPBTP pour accompagner les entreprises.
Le passeport de prévention poursuit son déploiement en 2026. Son objectif est de centraliser l’ensemble des formations en santé et sécurité au travail suivies par les salariés, afin de mieux tracer les compétences et de fiabiliser les parcours professionnels.
Ce qui change en 2026 :
Pour le secteur du BTP, fortement exposé aux risques professionnels, le passeport de prévention permet de fiabiliser la traçabilité des formations, de simplifier la gestion réglementaire et de renforcer le pilotage de la prévention en entreprise.
Au 1er janvier 2026, plusieurs évolutions impactent l’organisation de la santé au travail, notamment :
Même si ces évolutions sont transversales à tous les secteurs, elles concernent directement le BTP, compte tenu de la sinistralité élevée et de la diversité des expositions aux risques.
Parmi les mesures phares de la Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS), certaines concernent directement la procédure de reconnaissance des maladies professionnelles (MP), un sujet essentiel pour les entreprises du BTP, fortement exposées aux troubles musculo-squelettiques (TMS), aux pathologies liées aux vibrations ou aux poussières.
Le régime de reconnaissance des maladies professionnelles repose aujourd’hui sur deux systèmes :
Avec la LFSS 2026, plusieurs changements visent à adapter ces procédures aux évolutions scientifiques et à réduire les délais de traitement :
Ces évolutions visent à simplifier les circuits, accélérer les décisions et réduire la pression sur les instances chargées des cas complexes. Elles font écho à une volonté générale d’adapter le système de reconnaissance des maladies professionnelles à l’état des connaissances scientifiques et médicales actuelles.
Pour les entreprises du BTP, ces nouvelles modalités ont plusieurs implications concrètes :
Le Fonds d’investissement pour la prévention de l’usure professionnelle (Fipu), créé par la loi de financement de la sécurité sociale de 2023 et opérationnel depuis mars 2024, poursuit son déploiement pour soutenir les entreprises dans la prévention des risques ergonomiques (postures pénibles, manutentions manuelles, vibrations mécaniques) responsables de nombreux troubles musculo-squelettiques (TMS).
La Cnam a actualisé, début décembre 2025, la liste des matériels éligibles à la subvention. Cette mise à jour élargit les catégories d’équipements pouvant faire l’objet d’une aide financière pour les entreprises : machines, outils et dispositifs conçus pour réduire l’exposition aux facteurs de risques ergonomiques.
Parmi les matériels désormais éligibles figurent notamment des outils portatifs limitant l’exposition aux vibrations, des sièges à suspension antivibratiles, ou encore des équipements de compactage ou de démolition à commande à distance, en complément des familles déjà financées telles que les appareils de transfert (portiques, palonniers), les chariots et transpalettes électriques, ou encore les plans de travail réglables en hauteur.
Cette actualisation vise à mieux répondre aux besoins concrets des entreprises, en particulier celles du BTP et des métiers manuels fortement exposés aux TMS, et à encourager davantage l’investissement en prévention. Les demandes doivent être déposées via la plateforme « Net-entreprises », en respectant les critères techniques du cahier des charges de la Cnam.
Pour vous accompagner dans vos démarches et répondre à toutes vos questions, vous pouvez consulter notre boîte à outils spéciale Fipu.
L’OPPBTP déploie une campagne nationale de prévention du 15 janvier au 14 mars 2026 pour renforcer la sensibilisation au risque de heurt entre engins et piétons sur chantiers, un des accidents les plus graves dans le BTP. Objectif : mieux former les encadrants, organiser les zones de circulation et impliquer tous les acteurs (employeurs, compagnons, maîtres d’ouvrage).
À compter du 15 janvier, les entreprises auront à disposition de nombreuses ressources (vidéos, affiches, webinaires…) pour organiser au mieux la prévention de ce risque sur leurs chantiers.
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