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    En résumé

    Travaux de manutention, port de charges lourdes, intervention à genoux ou les bras en l’air, activités répétitives… De nombreuses situations de travail peuvent provoquer des troubles musculosquelettiques (TMS). Ces affections qui concernent aussi bien les mains, les coudes et les épaules que les genoux ou le dos sont fréquentes dans notre secteur. Elles peuvent à long terme devenir invalidantes. Tous les professionnels du BTP sont concernés par ce risque.

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    Un risque fréquent pour les professionnels du BTP

    Porter du matériel, charger et décharger un véhicule, peindre, souder... Ces gestes font partie du quotidien des compagnons dans le BTP. Divers troubles musculaires et articulaires existent. Des gestes anodins comme visser, scier ou percer peuvent devenir problématiques s’ils sont répétitifs. Les postures contraignantes (en torsion, à genoux, bras en l'air…) peuvent aussi affecter les muscles, les tendons ou les articulations.

    Les TMS restent la première cause de maladies professionnelles dans le bâtiment et les travaux publics. De nombreux moyens pour limiter ce risque existent pourtant : mieux préparer le chantier et le poste de travail, éviter les situations les plus difficiles en mécanisant certaines tâches ou en ayant recours à une technique alternative, limiter les répétitions des gestes, partager la charge…

    Les TMS : un risque important dans le BTP

    Le risque d’atteintes musculaires et articulaires est particulièrement élevé dans le BTP : 9 maladies professionnelles sur 10 sont dues aux TMS. Maçons, charpentiers, canalisateurs, démolisseurs, menuisiers... Toutes les professions sontconcernées par ce risque.

    Compte tenu de la diversité des situations de travail rencontrées dans notre secteur, les TMS peuvent affecter toutes les parties du corps.

    Ce risque est par ailleurs favorisé par une "tolérance" au travail difficile et douloureux. Les compagnons du BTP ont tendance à se plaindre peu et à négliger les signaux d’alarme (douleur persistante à l’épaule, au poignet, au dos...), ce qui engendre sur le long terme un risque de pathologies plus sévères.

    Les catégories de TMS

    La Caisse nationale d’assurance maladie reconnaît en maladies professionnelles et indemnise cinq catégories de TMS :

    • les affections périarticulaires, provoquées par certains gestes et postures de travail ; elles couvrent, par exemple, la tendinite de la coiffe des rotateurs (épaule), l’épicondylite (coude), le syndrome du canal carpien (poignet), la tendinite du tendon d’Achille (cheville)… ;
    • les affections provoquées à la main et au bras par les vibrations de machines-outils : elles comprennent, entre autres, certaines formes d'arthrose ;
    • les lésions chroniques du ménisque au genou ;
    • les affections chroniques du rachis lombaire dues aux vibrations transmises au corps entier comme les hernies discales avec sciatiques, cruralgies… ;
    • les affections chroniques du rachis lombaire dues aux charges lourdes incluant également les hernies discales avec sciatiques, cruralgies.

    D’autres TMS peuvent être reconnus au titre des accidents du travail (“AT-TMS”), en particulier s'agissant des problèmes de dos, ou à la suite d’une expertise médicale.

    Le travail répétitif et les positions pénibles dans le BTP

    Les atteintes musculaires et articulaires peuvent apparaître lorsqu’un opérateur effectue un geste répétitif, un effort musculaire soutenu ou lorsqu’il travaille dans des positions inhabituelles et contraignantes. Au-delà de ces principaux facteurs, il existe aussi d'autres facteurs aggravants voire déclencheurs liés à des contraintes diverses. L'apparition des TMS a le plus souvent une origine multifactorielle.

    Les gestes qui se répètent

    Installer des parpaings, clouer des planches, peindre un mur... Qu’il s’agisse de pose de matériaux, d’application de produits, d’action de terrassement ou d’utilisation d’outils manuels (truelle, marteau, chalumeau…), les professionnels du BTP peuvent être amenés à répéter certains gestes d'une manière quasiment identique. Cette répétition peut entraîner des TMS, le risque augmentant avec la fréquence de répétition et la durée de l'action.

    Une action répétitive peut mettre en jeu une ou plusieurs articulations (poignet, épaule, coude...). Elle est généralement associée à des postures et/ou à des actes de manutentions manuelles. Depuis 2015, les gestes répétitifs sont reconnus par la loi comme étant des facteurs de risques professionnels.

    Des atteintes musculaires peuvent apparaître à force de gestes répétitifs. Des atteintes musculaires peuvent apparaître à force de gestes répétitifs. ©OPPBTP

    Dans le rapport d’Hervé Lanouzière remis en 2015 au gouvernement, une définition précise a été donnée : le travail répétitif est “caractérisé par la réalisation de travaux impliquant l'exécution de mouvements répétés, sollicitant tout ou partie du membre supérieur, à une fréquence élevée et sous cadence".

    Des seuils ont par ailleurs été définis.

    S’il est effectué plus de 900 heures par an, le travail répétitif est considéré facteur de risques professionnels, lorsque l’opérateur réalise au moins 15 actions techniques pour un temps de cycle de moins de 30 secondes, ou lorsqu’il réalise plus de 30 actions par minute, pour un temps de cycle supérieur à 30 secondes, un temps de cycle variable ou en l’absence de temps de cycle.

    Une "action technique" caractérise une action manuelle comme le fait d’attraper, de placer, de découper, de clouer, de visser, de frapper, de clipper, de coller, d'étaler…

    Le "temps de cycle" délimite une période qui comprend une suite d’actions ou de gestes répétés de façon identique ou très similaire.

    Cependant, le risque est toujours déterminé par le contexte, le type de mouvement et l’individu. Dans certaines situations, même une répétition de courte durée et à fréquence modérée pourra suffire à déclencher un TMS.

    Les postures contraignantes dans le BTP

    Poser du lambris, soulever une porte, installer une toiture… Certaines amplitudes gestuelles et positions de travail prolongées peuvent être particulièrement sollicitantes et générer des atteintes musculaires et articulaires.

    Le travail les bras levés ou en extension, le fait de travailler à genoux, de soulever une charge au-dessus de la tête, de déplacer des matériaux avec un mouvement de torsion tronc/épaule, de travailler à genoux ou d’exercer des prises avec force ou en pince entrent dans la catégorie des postures et des gestes professionnels contraignants.

    Lorsqu'elles sont inévitables, ces situations de travail peuvent nécessiter un aménagement du rythme de travail et des temps de pause pour permettre à l’opérateur de récupérer.

    Divers facteurs peuvent impacter le risque de développer des troubles musculaires et articulaires. Devoir travailler vite du fait d’un temps de prise ou de séchage court ou de contraintes diverses (chantiers compliqués, coactivité, situations inhabituelles…) favorise les risques.

    L’utilisation d’outils inadaptés ou de machines qui vibrent, le fait de travailler dans le froid (ou au contraire dans la chaleur) sont aussi des facteurs aggravants voire déclenchants (vibrations).

    L’âge, l'expérience et l’ancienneté peuvent aussi avoir une influence (compagnon novice dans une tâche qui adopte une mauvaise posture, compagnon âgé moins alerte et, à l'inverse, compagnon expérimenté doté d'un savoir-faire technique "de prudence"…).

    Tout ce qui permettra, dans l’aménagement de la situation de travail ou de l’organisation, de diminuer la fréquence ou la durée de ces sollicitations ou de réduire l’amplitude des postures ou des gestes à réaliser contribuera à limiter le risque de TMS (moins haut, moins bas, moins loin).

    Les TMS : un coût élevé pour l’entreprise de BTP

    D’après la Caisse nationale d’assurance maladie, en 2017, le coût direct des TMS a représenté pour les entreprises françaises, à travers les cotisations accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP), près de 2 milliards d'euros.

    Les TMS engendrent un nombre important d’arrêts de travail qui se caractérisent par des longues durées (cumulées) d'arrêts : 300 jours en moyenne pour une pathologie de l’épaule, 319 jours pour une affection chronique du rachis lombaire due à des vibrations, 330 jours pour le même type de pathologie due à une manipulation de charges lourdes… Les coûts induits par la gestion des restrictions d'aptitude sont également significatifs.

    TMS : des lésions pouvant être invalidantes

    Les atteintes musculo-tendineuses et articulaires peuvent concerner l’ensemble du corps. Elle se traduisent par des douleurs et peuvent entraîner des restrictions d'aptitude, des incapacités permanentes voire des handicaps.

    De la douleur…

    Les troubles musculaires et articulaires se manifestent d’abord généralement par de la fatigue, une difficulté à réaliser certains gestes et de la douleur au niveau de la partie du corps affectée. Ils peuvent se traduire par des lésions aux tendons, aux muscles ou aux nerfs.

    Certaines articulations sont particulièrement concernées par les risques d’atteintes musculaires et articulaires. C’est le cas des épaules, des mains, des genoux, des poignets ou des coudes, et du dos dans son ensemble.

    Au handicap…

    À un stade plus avancé, les troubles musculaires et articulaires peuvent engendrer une incapacité temporaire ou permanente et l’impossibilité d’exercer certaines tâches. Dans les cas les plus extrêmes, elles peuvent se traduire par une inaptitude au poste, ou par un handicap qui s'exprime aussi en dehors du travail, dans la vie personnelle des salariés. 45 % des TMS entraînent des séquelles lourdes, comme des incapacités permanentes, selon la Caisse nationale d’assurance maladie.

    Réglementation et jurisprudence

    Réglementation

    • Procédure de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé

    Décret n° 2018-850 du 5 octobre 2018 relatif à la simplification de la procédure de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et à l'amélioration de l'information des bénéficiaires de l'obligation d'emploi : notre analyse

    Conventions nationales d’objectifs fixant un programme d’action de prévention spécifiques aux activités du bâtiment et des travaux publics, signées le 30 avril 2019 : notre analyse

    Jurisprudence

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