Réaliser une isolation thermique par l'extérieur (ITE) en toute sécurité
La pose d'une isolation thermique par l'extérieur (ITE) par enduit sur isolant mobilise plusieurs techniques, matériaux et équipements qui exposent les professionnels à différents risques. Ce mémo accompagne les entreprises du bâtiment dans la préparation et la réalisation de leurs travaux en rappelant les bonnes pratiques de prévention à appliquer à chaque étape du chantier.
Il s'adresse notamment aux artisans façadiers, entreprises spécialisées dans l'isolation thermique, chefs d'équipe et compagnons intervenant sur des travaux de rénovation ou de construction neuve.
Les étapes d'un chantier d'isolation thermique par l'extérieur (ITE)
Le document détaille les principales phases de réalisation d'un chantier d'ITE par enduit sur isolant :
- la préparation du chantier ;
- le choix et l'installation de l'échafaudage ;
- la préparation du support ;
- la découpe des panneaux isolants ;
- la préparation des colles et enduits ;
- la pose du système d'enduit sur isolant ;
- la fixation des rails, chevilles et accessoires ;
- le choix des équipements de protection individuelle (EPI).
Chaque étape est accompagnée de conseils pratiques permettant de limiter les risques professionnels tout en améliorant les conditions de travail.
Préparer son chantier d'ITE pour travailler en sécurité
La réussite d'un chantier d'isolation thermique par l'extérieur commence par une bonne préparation.
Le mémo rappelle notamment l'importance :
- d'identifier les contraintes du chantier (réseaux électriques, nature du terrain, bâtiment existant...) ;
- d'organiser les zones de stockage et les installations de chantier ;
- de prévoir les aides à la manutention ;
- de sécuriser les accès ;
- d'anticiper la présence éventuelle d'amiante dans les bâtiments construits avant 1997 ;
- de prévoir les autorisations nécessaires lorsque le chantier empiète sur la voie publique.
Les risques liés aux travaux d'isolation thermique par l'extérieur
La mise en œuvre d'une ITE expose les compagnons à plusieurs risques :
- chute de hauteur lors des travaux sur échafaudage ;
- coupures lors de la découpe des isolants ;
- inhalation de poussières de laine de roche, laine de verre, fibre de bois ou enduits ;
- nuisances sonores lors du ponçage et du malaxage ;
- vibrations liées à l'utilisation des outils électroportatifs ;
- manutentions répétitives ;
- exposition à certains produits chimiques présents dans les colles et enduits.
Le document explique comment limiter ces expositions grâce à une organisation adaptée du chantier et au choix d'outils mieux conçus.
Bien choisir ses équipements de protection individuelle (EPI)
Le mémo rappelle les EPI indispensables selon les opérations réalisées :
- casque avec jugulaire pour les travaux en hauteur ;
- lunettes de protection ;
- protections auditives lors des découpes, ponçages et malaxages ;
- gants anti-coupure ;
- gants nitrile adaptés aux produits manipulés ;
- protections respiratoires adaptées aux poussières (P2, P3) ou aux produits chimiques conformément aux Fiches de Données de Sécurité (FDS) ;
- combinaison jetable lors de certains travaux de préparation des supports.
Il insiste également sur la nécessité d'entretenir régulièrement les EPI et de les remplacer lorsqu'ils ne garantissent plus un niveau de protection suffisant.
Les formations indispensables pour les travaux d'ITE
Selon les caractéristiques du chantier, plusieurs formations peuvent être nécessaires.
Le mémo rappelle notamment les compétences pouvant être exigées :
- montage, utilisation et vérification des échafaudages ;
- utilisation d'un système d'arrêt des chutes ;
- conduite de PEMP, nacelles ou chariots de manutention (CACES®) ;
- Autorisation d'Intervention à Proximité des Réseaux (AIPR) ;
- formations amiante sous-section 3 ou sous-section 4 lorsque les travaux concernent des bâtiments construits avant 1997.
Les bonnes pratiques pour limiter les risques lors d'une ITE
Le document recommande notamment :
- de privilégier les produits prêts à l'emploi lorsque cela est possible ;
- de limiter l'émission de poussières lors du malaxage ;
- de réaliser les découpes des panneaux sur un plan de travail stable ;
- de privilégier les outils limitant les vibrations et le bruit ;
- d'utiliser un ponçage avec aspiration à la source ;
- de travailler à hauteur d'homme lorsque cela est possible afin d'améliorer les postures de travail.
Ce mémo a été réalisé par l'IRIS-ST, en collaboration avec l'OPPBTP et avec le soutien de la DGE, de la Cnam et de Béranger développement.