La définition de la notice de poste donne un cadre général sans donner plus d’informations sur son contenu et la méthodologie de rédaction. Il est cependant de la responsabilité de l’employeur d’établir un tel document dans le but d'informer et de former l’ensemble de ses salariés.
Mise à disposition de la notice de poste
La notice de poste est à disposition (accès rapide) des utilisateurs et personnels exposés au risque CMR depuis le chantier. Elle doit bien évidemment être simple, décrire les différentes phases de travail, les risques associés et les mesures de prévention pour que les travaux soient réalisés en sécurité. Les différentes phases de travail sont décrites de façon très synthétique en indiquant les étapes les plus sûres, mais aussi en insistant sur les phases critiques (par exemple avant le démarrage, vérifier que l’aspiration est en état de marche), les interventions (par exemple mesurer la température), les situations anormales prévisibles et les opérations annexes.
Mise à jour de la notice de poste
Elle doit être révisée régulièrement et actualisée afin d’intégrer les modifications éventuellement apportées au procédé de travail. Elle formalise ainsi le déroulement de la tâche à effectuer en incluant les aspects santé, sécurité, environnement, et ne se résume pas à un mode opératoire, à des consignes ou aux EPI à porter. Elle doit être compréhensible par l’ensemble des salariés affectés au poste et, dans la mesure du possible, tenir sur une page avec un aspect esthétique et convivial : photographie du poste de travail, pictogrammes, couleurs variant en fonction de la nature du message.
L’INRS propose également une approche de la notice de poste au travers de l’ED 6027 (version 2018).
Méthodologies d’analyse du poste de travail
Aussi, dans le cadre de la rédaction de la notice de poste, plusieurs méthodologies d’analyse, de description du poste de travail existent. On retrouve par exemple la méthode des 5 M où l'on a la description suivante :
- Main d’œuvre,
- Milieu,
- Matériel,
- Matière première,
- Méthode.
Ou encore la méthode d’ITAMAMI :
- Individu,
- TÂche,
- MAnière,
- MIlieu.
Enfin, la méthode du QQOCQP, utilisée dans le cadre de travaux menés en études de poste, semble plus appropriée à nos activités du BTP (et plus exhaustive) :
- Qui,
- fait Quoi,
- Où,
- Comment,
- Quand,
- Pourquoi.
Evaluation des risques
Néanmoins, une notice de poste comporte une évaluation des risques. Celle-ci rappelle aux salariés les risques encourus durant cette phase de travaux. Elle oblige aussi celui qui prépare le chantier à prendre du recul et à s’assurer, en amont, d’identifier les risques spécifiques à cette phase en relation avec ce chantier. Il ne s’agit en aucun cas d’un document générique. Par ailleurs, la totalité des moyens de protection collective (MPC) et des équipements de protection individuelle (EPI) issus de cette évaluation alimente la rédaction de la notice de poste. Cette évaluation constitue donc, dans le cas présent, le « Pourquoi » de cette dernière.
Ajuster la notice de poste au chantier selon l'évaluation des risques
Nous attirons l’attention des entreprises sur le fait qu’une notice de poste « générique » n’est pas adaptée aux différentes situations de travail, en fonction de l’évaluation des différents risques inhérents à chaque phase de travail. Il est important d’ajuster la notice de poste à chaque chantier en fonction de l’évaluation des risques.
Par exemple, lors du montage d’un confinement pour prévenir la dissémination du polluant, une entreprise ne fera porter qu’un masque à ventilation libre au regard de l’empoussièrement attendu (exemple amiante, empoussièrement attendu : 7 f/l). L’appareil de protection respiratoire (APR) pendant la phase de travaux (intervention/retrait) ne sera pas du même type, ce qui engendrera des notices de poste différentes.
Il en va de même pour l’ensemble des risques du chantier qui évoluent en fonction des phases de travaux (par exemple, travaux en hauteur pour le montage du confinement mais pas pendant le retrait des dalles de sol, ou encore le risque lié à la qualité de l’air respirable sous adduction d'air mais fréquemment absent lors de l’installation de chantier…).
Il s’agit donc d’un document opérationnel, pratique, une « notice » destinée aux utilisateurs (encadrant de proximité, compagnons, encadrant de chantier et opérateurs). Une information simple et exploitable est attendue permettant d’identifier rapidement Qui fait Quoi, Comment avec Quoi, Où et Quand.
Au quotidien, et même en dehors du contexte professionnel, nous pouvons être confrontés à de tels documents qui répondent à de tels objectifs (voir les notices de montage de certains meubles ; même s'il n'est pas question ici de CMR). Ces notices n’ont pas besoin d’être traduites car elles se limitent à des schémas (le « accessible à tous et compréhensible »). Y figurent le nombre des personnes nécessaires à l’opération (le « Qui »), le temps dédié, les outils indispensables et l’emplacement des pièces à mettre en œuvre (le « Comment », le « Où » et le « Quoi »), étape par étape, qui renseignent sur le « Quand ».
Ainsi, dans une notice de poste, on retrouve une description du travail (prescrit) liée AU chantier/à l’étape à réaliser. Nous rassurons ici les lecteurs, la plupart des notices de poste ne sont pas à réinventer avant chaque chantier. Une grande partie de la notice correspond à une description du travail réel, voire, pour être la plus efficace, sous forme d’énumération du travail à réaliser au moyen de phrases courtes/simples, avec l'emploi de verbes à l’infinitif ou à l'impératif. Dans cette perspective, il peut être judicieux de mettre à contribution l’encadrant de proximité, voire les compagnons et l’encadrement de chantier car ils sont les plus à même de décrire le travail réel. En dehors de l’actualisation de l’évaluation des risques, la variable d’un chantier à un autre vis-à-vis du risque lié aux CMR (d’un même processus dans le cas des chantiers amiante) est le plus souvent le « Où ». Une notice de poste bien pensée renverra dans cette perspective à des plans de situation. Les matériels, les équipements, l’ordre des opérations… sont généralement identiques d’un chantier à l’autre pour une activité, une situation de travail, un processus donné.
A noter
Pour les activités amiante, là encore, la procédure de passage en sas de décontamination des personnels ou de la sortie des matériels, la procédure de montage des films de propreté (avec les recouvrements par exemple) n’ont pas besoin d’être décrites dans une notice de poste. Il ne s’agit pas de « travaux spécifiques » liés au chantier. La décontamination des personnels ou des matériels au moyen d’un sas est une constante en entreprise, indépendante du chantier. Ces informations se trouvent donc dans une instruction (cf. système qualité) ou autre document générique de l’entreprise. Le plan de retrait/mode opératoire dit de 'sous-section 4' au travers de ces notices de poste peut bien évidemment y renvoyer (en cas de doute du salarié sur le chantier).