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Le grutier a en charge d'approvisionner et d'alimenter en matériels et matériaux les différents intervenants sur un chantier, au moyen d’une grue, dans le respect des règles de sécurité et des priorités définies par le chef de chantier. Appareil de levage et de manutention réservé aux charges lourdes, une grue est utilisée très couramment dans le domaine de la construction. Il en existe différentes catégories comme les grues à tour, les grues auxiliaires de chargement et les grues mobiles sur pneus ou sur chenilles. L'étude ergonomique a porté sur le métier de grutier et plus particulièrement sur les spécificités liées aux grues à tour. À cette occasion, trois chantiers ont été observés (deux chantiers en zone urbaine et un chantier en zone rurale) avec deux modèles de grue à tour (avec et sans tirants).
Cette solution présente les principaux résultats d'une étude ergonomique * menée sur des chantiers, dans le cadre du dispositif Fipu (Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle) financé par la Cnam. L'étude a été complétée par les experts de la direction technique de l'OPPBTP pour identifier les situations de travail à risque de troubles musculo-squelettiques (TMS) dans l'objectif de proposer des solutions pour améliorer les conditions de travail, réduire voire éliminer les TMS. Pour en savoir plus sur le dispositif Fipu, ses aides financières et les équipements subventionnés, consultez notre boîte à outils TMS/Fipu.
* Cabinet Alternatives ergonomiques
Mis à jour le : 21/09/2026

Agir dès les phases de préparation d’un chantier, en tenant compte des risques associés permet d’appréhender et d’agir sur les problématiques de TMS. Il sera ainsi possible d’anticiper les phases d’activités qui vont induire des postures pénibles. Le partage de bonnes pratiques à l’ensemble de la profession et la recherche de solutions innovantes, organisationnelles et techniques, permettront de limiter les risques de TMS.
L'activité du grutier consiste à :
Le grutier déplace une grande variété de charges, qui diffèrent par leur poids, leur encombrement et leur format :
Cette diversité impose au grutier d’adapter en permanence ses manœuvres en termes de vitesse, de point d’équilibre et de trajectoire.
Autour de cette activité centrale s’articulent d'autres tâches nécessaires au bon déroulement du chantier :
Ces activités secondaires contribuent fortement à la sécurité des opérations de levage et au bon déroulement du chantier.
La place occupée par le grutier dans l’organisation du chantier est donc centrale :
Le travail du grutier comporte donc des enjeux économiques, d’organisation et de sécurité importants.
Une grue se compose de différents éléments qui vont impacter le travail du grutier.
Éléments composant une grue La charge maximale de la grue dépend de la configuration du moufle et de la position du chariot. Par exemple, sur l'une des grues observées (Potain MDT 269), la capacité maximale atteint 10 tonnes lorsque la charge est proche du mât à 20 m, tandis qu’en bout de flèche, à 65 m, elle tombe à 3,3 tonnes.
La variation de charge illustrée ci-dessous montre l’importance du positionnement du chariot et de la distance au mât dans la gestion des charges lourdes et dans la planification des manœuvres.
Exemple de variation de charge À noter que les charges transportées en bout de flèche génèrent des mouvements du mât de la grue. Les conséquences pour le grutier ressemblent à celles du mal de mer.
Les grues sont également équipées de manettes de conduite. La manette droite est dédiée au levage, tandis que la manette gauche commande l’orientation de la flèche et la translation du chariot. Chaque manette est équipée d’un dispositif « homme mort ».
Un certain nombre de déterminants et de variables vont agir sur l'activité de grutier.
Par exemple, la présence de l'armoire électrique sur le palier ainsi qu'une plateforme extérieure plus large facilitent l'accès à la cabine.
Plateforme d'une grue La possibilité du passage automatique du simple au double mouflage offre des marges de manœuvre plus importantes pour optimiser le nombre d’allers-retours et/ou le poids de la charge. À l’inverse, sur les grues à mouflage manuel, les grutiers renoncent souvent au changement de mouflage en raison du temps et de l’effort requis. Le choix d’un dispositif de changement automatique permet d’opter beaucoup plus facilement pour une capacité de levage ou une rapidité des manœuvres plus importante.
Le passage du simple au double mouflage permet, dans certaines configurations, d’augmenter certes la capacité de levage maximale de la grue, mais son intérêt dépend avant tout de la distance des zones de travail par rapport à la grue. Il a peu d’intérêt lorsque la charge est proche de la grue. Par ailleurs, il présente aussi des limites : il permet de lever une charge deux fois plus importante mais deux fois plus lentement, augmentant l’inertie et compliquant la maîtrise du ballant.
L’espace restreint de la cabine, l'absence de sanitaire, la qualité du siège, ainsi que la présence ou non d’un système de chauffage ou de climatisation, influent sur la vigilance et le bien-être du grutier. La cabine peut également offrir plus ou moins d’espace de rangement, contribuant à la facilité d’organisation du poste de travail et au confort des grutiers au quotidien. Les cabines n'offrent pas toutes le même confort visuel notamment à cause du rétroéclairage des écrans et de l'éblouissement possible en cabine.
Par ailleurs, les zones d'interdiction de vol obligent à ralentir les déplacements et à adapter les trajectoires. La présence ou non d'espace de stockage ainsi que le stade d’avancement du chantier induisent des variations importantes. En phase de gros œuvre, le rythme est souvent continu, avec une préparation le matin et un coulage l’après-midi. En revanche, au début du chantier (terrassement) ou en fin de chantier (second œuvre), les sollicitations de la grue sont plus ponctuelles et les phases d'attente dont plus fréquentes.
Les interactions avec les équipes au sol constituent également un déterminant majeur.
- Le rapport avec le chef de chantier, plus ou moins présent sur le terrain, structure fortement l’organisation des journées et le rythme du travail.
- La qualité du guidage au sol dépend de ses modalités : l'utilisation des gestes de commandement, l'échange (parole continue) via le talkie-walkie, le regard en direction de la charge permettent de donner des indications précieuses au grutier, en particulier lorsqu'il travaille « à l’aveugle ». Dans ces situations, un arrêt de la communication ou une absence de réponse conduisent le grutier à stopper net sa manœuvre.
- Le ton du guidage vocal peut être sécurisant ou, à l’inverse, générer une tension si le guidage est perçu comme une incitation à accélérer.
- Les différences de langues peuvent entraîner des conséquences sur la communication et la précision des consignes et générer des incompréhensions ou des temps morts.
- Selon le nombre de corps d’état présents, les sollicitations du grutier peuvent être plus ou moins nombreuses, parfois simultanées et pas nécessairement coordonnées entre elles, comme elles peuvent l’être entre chef de chantier et chefs d’équipe de l’entreprise. Cela déplace les arbitrages vers le grutier et peut générer de l’insatisfaction quand il n’est pas en mesure de répondre rapidement aux besoins.
L’activité des grutiers dépend aussi de leur expérience et de leur connaissance du matériel (poids des charges, connaissances techniques).
Chaque grutier est donc amené à prendre des décisions singulières sur la vitesse des manœuvres, le degré de proactivité, la coordination avec les équipes au sol, ainsi que l’anticipation des difficultés.
Quand on parle de TMS, on pense en premier lieu aux risques liés aux facteurs biomécaniques, or le modèle explicatif de l’apparition des TMS met en évidence une combinaison de facteurs :
Focus sur quelques facteurs importants pour les grutiers.
Étant donné sa position en surplomb, le grutier regarde la plupart du temps vers le bas. Cette position est susceptible de déclencher des cervicalgies, en raison du maintien prolongé du cou en flexion, et plus particulièrement de développer des antécolis, forme de dystonie cervicale, la tête en avant.
Certaines situations aggravent cette contrainte, comme le stockage des charges au pied de la grue ou les règles interdisant le survol, qui obligent à rentrer le chariot avant d’orienter la flèche. Ces ajustements entraînent une sursollicitation de la flexion du cou.
Amplitude de l'articulation du cou
Amplitude de la flexion du cou Pour limiter la fatigue et les tensions cervicales, les grutiers adoptent parfois une légère flexion du buste afin de compenser la position prolongée de la tête en flexion et ainsi retrouver de l’extension au niveau du cou.
Les grutiers sont également exposés aux troubles musculo-squelettiques lors des mouvements répétitifs et du maintien prolongé des poignets lors de la manipulation des commandes.
Flexion du poignet Le mouvement de rentrée du chariot sollicite particulièrement le poignet. Sur les chantiers exigus ou avec interdiction de survol, ces mouvements sont plus précis et fréquents, ce qui augmente la fatigue et
les tensions articulaires.
Observations de manœuvre avec sortie de chariot (à gauche) et rentrée de chariot (à droite) sur la grue MD208 La sédentarité peut altérer l'état de santé général. La posture sédentaire se caractérise par une posture assise maintenue dans le temps et associée à une très faible dépense énergétique (INRS). Elle entraîne des désordres métaboliques qui favorisent la survenue de maladies cardiovasculaires ainsi que certains cancers. De plus, la faible sollicitation des muscles du dos participe à la survenue de lombalgies.
Les postures sédentaires sont évaluées selon la durée de chaque période et selon la durée cumulée journalière de ces périodes. Les grutiers sont exposés dans la mesure où la position assise est maintenue plus de 40 minutes sans interruption, plus particulièrement lors des coulages.
Découpage chronologique des postures sédentaires Astreinte cardiaque
L'astreinte cardiaque correspond à l'augmentation de la fréquence du cœur par rapport au repos en réponse à un effort physique, au stress ou à la chaleur. Les conséquences à court terme peuvent être de la fatigue physique, de l'essoufflement et de l'inconfort et, sur le long terme, des risques cardiovasculaires.
L'étude du Dr Marie-Hélène Courjaret et de Karine Léandre, « Contraintes physiologiques du poste de conduite des grues à tour », menée pour le compte de l'ASTBTP 13 (Service de santé au travail du BTP des Bouches-du-Rhône), a mis en évidence une astreinte cardiaque importante chez les grutiers à tour liée à l'effort physique de la montée des échelles pour accéder à la cabine combiné à un vieillissement moyen de la population concernée, aux contraintes thermiques en cabine de conduite et au stress de la conduite. Cette étude fait référence, dans la documentation de l'assurance maladie (recommandation R495 de la CNAMTS) pour l'amélioration des conditions de travail des grutiers.
Le grutier occupe un rôle clé dans la sécurité du chantier. Chaque manœuvre a des conséquences immédiates pour les équipes au sol et pour le déroulement du chantier.
Cette responsabilité peut générer une pression importante : il doit décider en permanence entre suivre strictement les consignes ou ajuster ses actions pour anticiper des risques parfois non visibles par les autres (maintien d’une charge qui semble pourtant posée au sol, par exemple). Les conditions de sécurité d’une situation ne sont pas nécessairement perçues de la même manière selon la place que l’on occupe sur un chantier et si le grutier intègre à son activité des exigences qui lui sont propres. Ainsi, un grutier peut être amené à refuser une demande – même si celle-ci émane du chef de chantier – si celle-ci génère des risques pour les acteurs du chantier ou pour lui-même.
Le grutier a une responsabilité propre en matière de sécurité. Elle peut être vécue comme une source de tension et de stress si la relation grutier-chef de chantier n’est pas fluide, en cas de manque de confiance ou lorsqu’elle est déséquilibrée (chef de chantier expérimenté - que le grutier ne saurait mettre en doute - ou qui ne reconnaîtrait pas les responsabilités du grutier en matière de sécurité sur le chantier.
De ce point de vue, le grutier doit simultanément :
En résumé, la responsabilité et la sécurité représentent des enjeux cognitifs, psychiques et sociaux centraux pour le grutier. Il doit constamment concilier précision technique, anticipation des risques et maintien de bonnes relations avec les équipes, tout en gardant le contrôle sur son activité.
Le grutier occupe une position singulière sur le chantier :
- une fonction la plupart du temps unique sur un chantier ;
- un isolement physique des autres corps de métier ;
- à l’abri du froid et de la pluie, et non exposé aux fortes chaleurs si sa cabine est équipée d’une climatisation, son quotidien est perçu comme moins pénible que celui des autres professionnels du chantier.
Le grutier est confronté à une diversité d’attentes basée sur une pluralité de critères implicites de compétence et de qualité du travail. Chaque acteur du chantier – chef de chantier, équipes au sol, collègues ou sous-traitants – a sa propre définition du « bon grutier » :
- pour certains, c’est celui qui anticipe et prend des initiatives pour fluidifier le travail au sol ;
- pour d’autres, il doit strictement suivre les consignes et respecter le rythme imposé par le chef de chantier.
Cette pluralité de critères oblige le grutier à ajuster en permanence son activité et sa communication avec les équipes, selon l’équipe en place, l’avancée et le rythme du chantier, tout en conservant la sécurité comme priorité absolue.
Au-delà des compétences, les comportements sont aussi scrutés, comme descendre pour déjeuner ou rester dans la cabine : s’il reste dans sa cabine, il est solitaire, s’il descend il est peu investi et n’aime pas être seul…
Ainsi, la position singulière du grutier n’est pas seulement une question de visibilité ou d’éloignement physique : elle traduit également la complexité des attentes sociales et professionnelles à son égard.
Dans l’activité, cela se traduit parfois par une pression ressentie, du stress et des tensions relationnelles.
Les décisions et les manœuvres de la grue influencent directement le rythme et la sécurité des équipes au sol. Le lien avec les autres se fait par l'intermédiaire de la grue : à travers ses manœuvres, le grutier soutient le travail des autres corps de métier, par exemple en déplaçant des matériaux ou en facilitant l’accès aux zones de travail.
Être isolé ne signifie donc pas être détaché : le grutier se (pré)occupe constamment du déroulement du chantier et des conditions de travail de ses collègues.
Ainsi, le grutier combine isolement et responsabilité envers les autres, ce qui représente un poids psychologique certain et peut générer du stress lorsque certaines conditions ne sont pas remplies : la confiance qu’on lui accorde, le respect de ses choix ou encore la possibilité de rediscuter les consignes.
Le ballant est un mouvement oscillatoire d’une charge suspendue. Il constitue un enjeu clé de l’activité du grutier. L’oscillation peut être multidirectionnelle : vers l’avant, l’arrière et/ou sur les côtés.
Certains facteurs sont indépendants du grutier :
- poids et nature de la charge : plus elle est lourde, moins il y a de prise au vent importante et moins il y a de ballant ;
- hauteur de levage et position du chariot par rapport à la flèche ;
- conditions météorologiques (vent).
D’autres facteurs dépendent directement de l’activité du grutier et des équipes au sol comme la vitesse d’exécution et la fluidité des manœuvres (les à-coups favorisent l’apparition de ballant).
Du point de vue du « geste métier », rattraper le ballant nécessite de donner de légers à-coups dans la direction opposée à la charge lorsque celle-ci atteint son amplitude maximale.
Le ballant La maîtrise du ballant est étroitement liée à la perception de la vitesse. Une charge qui oscille trop longtemps ralentit la pose et crée des temps d’attente pour les équipes au sol. De ce point de vue, la « vitesse » d’un grutier ne se mesure pas seulement à l’orientation rapide de la flèche ou aux mouvements du chariot. Elle réside surtout dans sa capacité à amorcer le levage ou la descente d’une charge tout en coordonnant simultanément l’orientation de la flèche et du chariot, donnant ainsi une impression de fluidité.
C’est cette maîtrise qui traduit la compétence du grutier aux yeux des équipes au sol et qui légitime son rythme : lorsque le ballant est bien contrôlé, il n’y a plus de raison pour les équipes de lui demander d’aller « plus vite ».
Un ballant mal maîtrisé peut provoquer des collisions avec les structures ou, pire, avec les compagnons au sol, mais aussi déstabiliser la grue, en particulier lorsque les charges sont lourdes ou exposées au vent. La maîtrise du ballant n’est donc pas seulement une question de fluidité et de perception de la vitesse : elle participe directement à la sécurité de tous sur le chantier.
Les pistes d'action proposées ci-dessous ont été coconstruites avec l'entreprise et les compagnons. L'étude ergonomique a permis de lancer ou de relancer des actions favorisant l'amélioration des conditions de travail sur les chantiers.
L’entreprise présente déjà plusieurs atouts en matière de prévention.
Les pistes qui suivent permettent d’aller plus loin dans l’amélioration des conditions de travail des grutiers, en tenant compte à la fois des enjeux organisationnels (O), techniques (T) et humains (H) mis en évidence.
Mise à plat des critères d'affectation
L’affectation d’un grutier sur un chantier se fonde sur plusieurs critères, comme l’expérience, la nature du chantier, le relationnel, les phases de travaux, les enjeux économiques ou le temps de trajet. Les affectations sont globalement bien comprises et acceptées par les professionnels (grutiers, mais aussi chefs de chantier), ce qui n’empêche pas que certaines décisions puissent être sources d’insatisfaction des uns ou des autres.
L’enjeu consiste à :
À la vision principale selon les configurations et besoins des chantiers pourrait se superposer, au moins en partie, une vision longitudinale des affectations selon les grutiers, pour éviter que les plus expérimentés se retrouvent confinés aux chantiers les plus complexes dans les grues les moins avancées technologiquement, en termes d’assistance au guidage, mais aussi de conditions de confort.
Mettre en discussion les représentations du travail de grutier
La qualité du travail du grutier est évaluée selon plusieurs critères : vitesse, proactivité, maîtrise du ballant, communication, capacité à dire non, etc.
Ces critères sont souvent implicites et varient selon les grutiers, les chefs de chantier, les équipes ou encore les corps d’état secondaires. Organiser des espaces de discussion intermétiers, hors chantier, permettrait de construire des attendus communs, réduire des attentes parfois contradictoires et in fine contribuer à la qualité des relations interpersonnelles. Cela renforcerait aussi la reconnaissance du métier et la cohérence des pratiques sur le chantier.
Soutenir la responsabilité de « dire non »
Dire non, ou à tout le moins discuter les consignes, est souvent un acte de sécurité : manœuvre risquée, visibilité insuffisante, consigne incohérente, risque de ballant ou de surcharge…
Il est essentiel que les grutiers puissent s’appuyer sur un cadre organisationnel clair et soutenu par la hiérarchie, afin que le refus éventuel de réaliser une manœuvre lorsque les conditions de sécurité ne sont pas réunies soit compris comme une compétence particulière, une décision professionnelle légitime et non comme un manque de bonne volonté qui pourrait ensuite leur être reproché.
L’accident, survenu à Toul (Meurthe-et-Moselle) il y a trente ans, reste dans les annales. L’obstination d’un chef de chantier à maintenir l’activité malgré un vent violent, et malgré les alertes répétées du grutier, s’est soldée, ce jour-là, par le basculement de la grue sur un collègue et le décès de six élèves. Le grutier sera amputé d’une jambe. Ce drame va marquer une prise de conscience, un avant et un après, et donner lieu à une évolution de la réglementation.
Organiser des « Vis ma vie » en cabine
De la même manière qu’avoir travaillé au sol constitue une ressource pour les grutiers dans leur activité actuelle, faire monter ponctuellement des compagnons, chefs de chantier ou nouveaux arrivants en cabine permet :
Mettre en place des ateliers à partir de vidéos, photos pourrait permettre d'échanger sur les pratiques (savoir-faire de prudence) et identifier les techniques qui pourraient servir au collectif de travail et sous quelles conditions.
Amélioration des manipulateurs
Deux améliorations principales, déjà existantes sur la grue MDT 269, par exemple, sont à privilégier :
Manette MD 208
Manette MDT 269
Conception et ergonomie des cabines de conduite
La conception et l’ergonomie des cabines évoluent clairement dans le bon sens, comme en témoigne l’écart visible entre les deux générations de grue (toutes récentes) utilisées dans l’entreprise. Des marges d’amélioration subsistent :
Siège de la grue MD 208, la plus ancienne du parc.
Siège de la grue MDT 269, la plus récente du parc. L'installation d'une caméra sur le chariot, reliée à une tablette en cabine, permettrait également d’améliorer la visibilité en supprimant le travail à l’aveugle. Ce type d’équipement, sans remplacer les compétences nécessaires à des manœuvres complexes, favoriserait une plus grande précision, réassurerait le grutier dans son geste (en offrant des repères de guidage supplémentaires), réduirait le stress et sécuriserait davantage les manœuvres.
Concernant les accès à la cabine de conduite, depuis 2019, la recommandation R495 de la CNAM prévoit l’installation d’un monte-grutier dès que l’accès à la cabine nécessite une ascension supérieure à 30 m. L’ascenseur permet un accès plus confortable et sécuritaire, notamment en cas d’intempérie. Cependant, l’utilisation de l’ascenseur n’est pas intuitive et nécessite des explications pour lever les différentes sécurités. Cet aspect n’est pas toujours abordé en formation, et cela nécessite donc un temps d’explication par le grutier ou le chef de chantier. En tout état de cause, la présence d’un ascenseur ne dispense pas la montée/descente physique du premier et dernier palier.
Limiter autant que possible le travail en pied de grue
Bien que cela facilite l’appréciation de la verticalité, travailler au pied de grue expose davantage aux postures contraignantes, notamment pour les cervicales. Réduire le travail dans cette zone contribuerait à prévenir les TMS.
Pour donner suite à l'étude ergonomique, l'entreprise a fait le choix de retenir et de mettre en œuvre certaines actions.
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Atteintes musculaires et articulaires