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Solution grand angle
Plombier et rénovation de salles de bains : prévention des TMS

© Scriptoria

Plombier et rénovation de salles de bains : prévention des TMS

Le plombier se trouve exposé à des risques de troubles musculosquelettiques (TMS), en particulier quand la rénovation d'une salle de bains l'amène à remplacer des équipements sanitaires. Les principaux facteurs de risques sont les manutentions manuelles, les postures pénibles et les vibrations mécaniques, auxquels peuvent s'ajouter des facteurs aggravants liés à l’environnement de travail, à des contraintes spatiales et à l’organisation du chantier. Cette étude ergonomique présente à la fois des pistes pour identifier les facteurs de risques biomécaniques, et des propositions d'actions de prévention.

Cette solution présente les principaux résultats d'une étude ergonomique* menée sur trois chantiers de rénovation de salles de bains dans des logements de particuliers à la location, dans le cadre du dispositif Fipu (Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle) financé par la Cnam. Les observations et l'analyse du travail, réalisées sur le terrain, ont été complétées par les experts de la direction technique de l'OPPBTP pour identifier les situations de travail à risque de troubles musculosquelettiques (TMS) dans l'objectif de proposer des solutions d'amélioration des conditions de travail, de réduction voire d'élimination des TMS. Pour en savoir plus sur le dispositif Fipu, ses aides financières et les équipements subventionnés, consultez notre boîte à outils TMS/Fipu.

*cabinet Ergonalliance

Mis à jour le : 16/09/2026

Sommaire
1
En quoi consiste l’activité de rénovation d'une salle de bains ?
2
Quels sont les facteurs de risques de TMS observés dans l'activité de rénovation d'une salle de bains ?
3
Les autres risques identifiés
4
Préconisations
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    Principaux impacts prévention

    Lors de la rénovation d'une salle de bains, les plombiers se trouvent particulièrement exposés au risque de développer des troubles musculosquelettiques (TMS). Ils réalisent une succession d’opérations techniques dans des espaces souvent de taille réduite et d'accès difficile. Dans ces environnements de travail contraignants, aux configurations variées, ils se trouvent obligés d'effectuer de nombreuses manutentions qui les amènent à fournir des efforts répétés et à adopter des postures pénibles.

    Agir dès les phases de préparation d’un chantier permet d’appréhender et de traiter les problématiques de TMS, en anticipant les phases d’activité à risque pour les plombiers. Le partage de bonnes pratiques avec l’ensemble de la profession et la recherche de solutions innovantes, organisationnelles et techniques, permettent d'améliorer la prévention.

    Cette étude cible les principaux facteurs biomécaniques des risques de TMS pour les plombiers. Ces troubles restent néanmoins multifactoriels : ils peuvent avoir pour origine d’autres facteurs physiques ainsi que des facteurs liés à l’organisation, à la dimension psychosociale du travail et à l’individu lui-même.

    En quoi consiste l’activité de rénovation d'une salle de bains ?

    Les observations menées durant cette étude ont porté sur l’activité du plombier rénovant entièrement une salle de bains, soit sur toutes les opérations de dépose, de préparation et d'installation nécessaires au remplacement d'anciens équipements sanitaires (lavabo, baignoire, WC) et carrelages muraux.

    Le plombier retire les anciens équipements avant de procéder à leur évacuation, puis à la préparation de la salle de bains à l'accueil des nouveaux éléments. Il dépose le carrelage existant, prépare la tuyauterie, pose un receveur de douche, un lavabo et un WC. À chaque étape, il vérifie l’absence de fuite d'eau. Il exécute des travaux manuels à l’aide d’outils électroportatifs ou manuels : visseuse, perforateur, meuleuse, pince à sertir, marteau, burin plat, etc.

    Ces interventions se déroulent généralement dans un milieu contraint : le logement est occupé, les surfaces de travail sont réduites, les accès sont difficiles. Les situations varient d'un chantier à l'autre : présence d’un ascenseur, temps de réalisation limité, chantier proche… Ces conditions ont des conséquences sur le volume de manutentions et de postures contraignantes.

    SGA-plombier - Image 1 De gauche à droite, les étapes successives de la rénovation d'une salle de bains.

    Quels sont les facteurs de risques de TMS observés dans l'activité de rénovation d'une salle de bains ?

    1. La préparation du chantier

    Durant la phase de préparation du chantier, le plombier prend connaissance des détails de sa mission : lieu, déposes et poses à réaliser. Il récupère à l'entrepôt les équipements, outils et matériaux nécessaires à son intervention : escabeau, caisse à outils, seau, plaques de plâtre, etc. Puis, il charge son véhicule utilitaire avant de se rendre sur le chantier pour commencer les travaux.

     

    SGA-plombier-image 2 La récupération, dans un entrepôt, des équipements et matériaux nécessaires à un chantier.
    Les facteurs de risques de TMS durant la préparation du chantier
    • Manutentions manuelles

    À cette étape, entre 5 et 10 charges sont manipulées par le plombier, pour un poids compris entre 1 kg et 30 kg. Les muscles, tendons et articulations se trouvent sollicités, notamment au niveau du dos, des épaules et des membres supérieurs.

    • Postures pénibles

    La prise des équipements s'effectue au sol ou sur une étagère, bras tendus légèrement au-dessus du cœur. Le risque de TMS est aggravé par une prise difficile en raison :

    - du volume élevé de certains équipements,

    - de l’absence de poignées.

     

    2. L'arrivée sur site et le démarrage du chantier

    À son arrivée sur le site, le plombier stationne son véhicule utilitaire à proximité du chantier.

    Il démarre le chantier par un repérage afin de comparer les informations indiquées dans sa fiche « mission » et la réalité de l'espace dans lequel il intervient.

    Après avoir coupé l'arrivée d'eau, le plombier procède au démontage des équipements existants. Il utilise un marteau et un burin pour décoller les parties scellées. Il dépose la tuyauterie et il entreprend l’évacuation de l’ensemble.

     

    Poids des équipements sanitaires déposés
    BaignoireLavaboWC
    En acrylique standard : de 18 kg à 27 kgde 12 kg à 18 kgde 35 kg à 40 kg
    En acier émaillé : 50 kg environ  
    En fonte : de 100 kg à 120 kg  

     

     

    SGA-plombier - Image 3 La dépose et l'évacuation d'anciens équipements sanitaires.
    Les facteurs de risques de TMS durant la dépose des anciens équipements
    • Manutentions manuelles

    Les plombiers déposent et évacuent manuellement les anciens équipements : le poids et le volume transportés influent sur le niveau des contraintes exercées physiquement.

    Le risque de TMS augmente avec la distance à parcourir entre le lieu de stationnement et le chantier, et la présence d'un escalier.

    Un stationnement en extérieur expose le plombier aux conditions climatiques : la pluie, le vent influent sur la prise manuelle des équipements et sur l’effort physique à produire.

    Les mesures recueillies, à cette étape, font état de charges de 25 kg portées sur 2 étages (incluant 4,5 rangées de marches) puis sur une distance de 30 m, jusqu’au camion en stationnement extérieur.

    • Postures pénibles

    La tuyauterie trouve place à proximité du sol, ce qui oblige le plombier, pour les atteindre, à adopter des postures de travail contraignantes : dos fléchi, position accroupie ou à genoux, voire allongée au sol.

    Les mesures recueillies mettent en lumière 6 flexions et extensions en alternance pour la dépose de la baignoire.

    Cette activité mobilise fortement les membres inférieurs et le dos, ce qui peut générer de la fatigue musculaire. Les contraintes sont accentuées par une pièce exiguë ou encombrée et, parfois, par un éclairage insuffisant.

     

    3. La dépose du carrelage mural

    Le plombier procède à la dépose du carrelage mural comme l'indique sa fiche « mission ». Selon la nature du support, il utilise un marteau et un burin plat, ou bien un perforateur employé en marteau burineur. L’opération est réalisée avec prudence de manière à ne pas endommager le mur. Bien que fréquente dans l’activité des plombiers, la tâche est éloignée du « cœur » de ce métier.

    Le matériau du mur ou de la cloison à découvrir (plâtre ou béton, en général) influe sur la durée de la dépose : sur un support « friable » en plaques de plâtre, qui nécessite des travaux de rebouchage, le travail est plus long et délicat que sur un mur en béton, ce qui augmente la durée d'exposition aux risques de TMS.

    Par exemple, sur deux chantiers observés, un premier plombier met une heure et demie pour déposer 5 m2 de carrelage sur des plaques de plâtre, pendant qu'un autre passe seulement 3 minutes pour décoller 1,7 m2 de carrelage d'un mur en béton.

    L’utilisation d'un perforateur permet d'avancer plus vite, mais elle ne peut pas être envisagée sur des plaques de plâtre.

     

     

    SGA-plombier - Image 4 La dépose d'un ancien carrelage mural.
    Les facteurs de risques de TMS durant la dépose du carrelage mural
    • Manutentions manuelles

    La dépose des carreaux muraux génère, pour le plombier, des manutentions répétées d'outils et de gravats à évacuer, dont le poids dépend de la surface à déposer.

    • Postures pénibles

    L'opération de dépose des carreaux impose au plombier des postures statiques prolongées, en flexion lombaire ou à genoux, bras levés ou tendus devant soi, ce qui sollicite fortement le dos et les membres supérieurs.

    La présence de carreaux jonchant le sol peut entraîner l’adoption de postures contraignantes au niveau des membres inférieurs, et une instabilité compensée au niveau de la colonne vertébrale.

    • Vibrations

    Les outils électroportatifs produisent des vibrations « main-bras ».

    L'utilisation du marteau et du burin entraîne des microvibrations « main-bras » indirectes et répétées.

    La dépose mécanisée du carrelage au moyen du perforateur transmet des vibrations aux mains et aux avant-bras, amplifiées par la répétition des impacts.

     

    4. La modification de la tuyauterie

    Pour raccorder les futurs équipements sanitaires neufs, le plombier modifie la tuyauterie : il procède à des découpes de tuyaux, des soudures à chaud ou à froid, des sertissages… Il dispose d'un poste à souder oxyacétylénique (d'une masse de 27 kg, sur un chariot à roues), d'une pince à sertir, d'un cutter, d'une pince à découper le PVC, d'un niveau, d'un décapeur thermique, etc.

     

     

    SGA-plombier - Image 5 L'installation de nouvelles tuyauteries.
    Les facteurs de risques de TMS durant la modification de la tuyauterie
    • Manutentions manuelles

    Précises et parfois répétitives, les manutentions des tronçons de tuyaux, des raccords et des outillages s'effectuent à proximité des installations, majoritairement proches du sol.

    La manutention du poste à souder (de 27 kg), lors du chargement et du déchargement du véhicule, puis dans les escaliers, entraîne des efforts physiques soutenus pour le plombier, et une posture asymétrique, la charge étant portée par le bras « dominant ».

    • Postures pénibles

    Les plombiers adoptent des postures bras tendus devant eux tout en se tenant assis en tailleur, à genoux ou accroupis, le dos rond ou en torsion pour accéder à des réseaux proches du sol, enterrés ou encastrés. Les postures contraignantes sont maintenues lors de la réalisation des opérations sur la tuyauterie.

    • Vibrations

    Utilisés pour couper ou sertir les tuyaux, les outils électroportatifs transmettent des vibrations « main-bras » modérées. Cependant, sur la totalité d'une tâche, la répétition du geste donne lieu à des expositions cumulées sur une longue durée.

     

    5. La pose de plaques de plâtre

    Le travail de pose de plaques de plâtre sur des murs de salle de bains se décompose de la manière suivante :

    • prise de cotes dans la salle de bains ;
    • transport des plaques de plâtre, rails et semelles depuis le camion jusqu’à la zone de travail, sur une distance pouvant inclure le franchissement d'escaliers et le passage par des portes et cages d’escalier étroites, ainsi que des manœuvres dans des angles ;
    • découpe des semelles, rails et plaques de plâtre, dont les grandes dimensions peuvent obliger le plombier à œuvrer hors de la salle de bains, voire à l'extérieur du bâtiment si le logement est occupé ;
    • installation des ossatures métalliques et fixation des plaques de plâtre ;
    • raccordement de la tuyauterie.

    Les contraintes observées, pour le travail du plombier, sont :

    • l'exiguïté des espaces, qui entraîne un risque de casse ou d’endommagement des matériaux ;
    • l'exposition à des conditions météorologiques, qui peut contrarier les opérations de découpe en extérieur.

     

     

    SGA-plombier - Image 6 La mise en œuvre de plaques de plâtre.
    Les facteurs de risques de TMS durant la pose des plaques de plâtre
    • Manutentions manuelles

    Le transport des rails, semelles et plaques de plâtre depuis le véhicule jusqu'au lieu de travail, puis leur mise en œuvre, requiert la manutention d’équipements encombrants.

    • Postures pénibles

    Pour transporter les plaques de plâtre, le plombier adopte une posture asymétrique et exerce des torsions au niveau du tronc, notamment pour franchir des passages exigus (portes, cage d’escalier, sas…).

    Le vissage des plaques de plâtre en hauteur s'effectue en tenant les bras au-dessus de l’épaule. Pour les fixations à proximité du sol, le plombier travaille à genoux ou accroupi, ce qui entraîne une fatigue musculaire importante aux niveaux des épaules et du dos.

    • Vibrations

    L’utilisation de visseuses sans fil ou de perforateurs légers produit des vibrations « main-bras » faibles à modérées, mais fréquentes, en particulier lorsque la tâche est répétitive.

     

    6. L'installation d'un receveur de douche et d'une étanchéité murale

    Les étapes successives de l'installation, par le plombier, d'un receveur de douche et d'une étanchéité sur les murs à carreler sont les suivantes :

    • acheminement du receveur de douche (de 17 kg) et de ses pieds dans l’espace de travail ;
    • fixation des pieds ;
    • raccordement de l'évacuation d'eau ;
    • pose du receveur ;
    • réglage du niveau et de la pente ;
    • test d’évacuation d’eau ;
    • réalisation des joints de silicone ;
    • mise en œuvre de l’étanchéité des plaques de plâtre sur les surfaces à carreler : application d'un produit d'étanchéité au rouleau ;
    • découpe et pose de panneaux de construction à carreler (PCC).

    Les contraintes constatées, pour l'exécution de ces tâches, sont :

    • l'exiguïté de l'espace de travail ;
    • le délai imposé par l’intervention suivante du carreleur.

     

     

    SGA-plombier - Image 7 L'installation d'un receveur de douche et d'un panneau de construction à carreler.
    Les facteurs de risques de TMS durant l'installation du receveur et de l’étanchéité
    • Manutentions manuelles

    Le receveur de douche est volumineux et lourd (17 kg), ce qui le rend difficile à porter pour le plombier, notamment dans les espaces exigus.

    La mise en place du receveur par le plombier requiert des manutentions combinant levage, translation et rotation, ce qui sollicite les lombaires et les membres supérieurs.

    Les grandes dimensions du receveur et des panneaux de construction à carreler (PCC) imposent une manutention en maintenant les bras en extension, et une prise difficile.

    • Postures pénibles

    La mise en place et l’ajustement du receveur nécessitent des flexions du dos et de la nuque, ainsi que des postures agenouillées prolongées. Lors du basculement du receveur sur ses pieds, le plombier accompagne la charge en tendant les bras en extension et en fléchissant le dos.

    La découpe d'un PCC impose au plombier :

    - des postures asymétriques lors du franchissement d’obstacles ou au cours de manœuvres dans un espace réduit ;

    - des torsions du tronc lors de la découpe et de circulations dans des endroits exigus.

    Les postures statiques prolongées intensifient la fatigue associée à l’effort.

    • Vibrations

    La fixation au sol des pieds du receveur, au moyen d'un perforateur et d'une visseuse, et la découpe du PCC à la meuleuse entraînent des vibrations « main-bras » de courte durée, mais répétées.

     

    7. La pose d'un carrelage mural

    La pose de carrelage mural a été réalisée, sur les chantiers observés, par les plombiers, bien que cette tâche ne relève pas directement de leur métier. Elle a respecté les étapes successives suivantes :

    • approvisionnement des matériaux et équipements :
      • 5 paquets de carrelage de 21 kg, soit 105 kg à manutentionner ;
      • 1 sac de colle de 25 kg ;
      • un seau ;
      • des baguettes de finition ;
      • une carrelette ;
      • un embout malaxeur ;
      • un peigne à colle et une spatule crantée ;
      • un niveau.
    • préparation de la colle ;
    • pose des carreaux.

    Les contraintes pesant sur cette activité sont, pour le plombier :

    • l'exigence d'un haut niveau de précision concernant la qualité de la colle, sa répartition, l'épaisseur de la couche et l'alignement des carreaux ;
    • les dimensions, le calibrage, la fragilité des carreaux ;
    • le temps de séchage de la colle.

     

     

    SGA-plombier - Image 8 La pose d'un carrelage mural.
    Les facteurs de risques de TMS durant la pose d'un carrelage mural
    • Manutentions manuelles

    Des ports de charges lourdes s'imposent au plombier, compte tenu des paquets de carrelage et des sacs de colle à acheminer à pied d’œuvre depuis le véhicule utilitaire.

    • Postures pénibles

    La pose des carreaux impose au plombier des postures pénibles :

    - une flexion lombaire prolongée ou une position accroupie ou à genoux quand la mise en œuvre s'effectue sur la partie basse d'un mur ;

    - des bras en élévation quand elle s'effectue à environ 1,40 m du sol ;

    - sur un escabeau quand elle concerne les rangées les plus hautes.

    Lors du temps de prise de la colle à carreler, le maintien des carreaux en place oblige le plombier à adopter une posture statique prolongée, les bras en hauteur. Le tronc reste en tension pour stabiliser la posture.

     

    8. La finalisation de la douche

    Pour la finalisation de la douche neuve, le plombier réalise les tâches suivantes :

    • acheminement sur le chantier de la ou des parois de douche, conditionnées dans des colis de 20 à 30 kg ;
    • déballage et mise en place de la (des) paroi(s) de douche :
      • analyse du plan de montage, assemblage, fixation ;
      • pose de la barre de douche, des joints, de la ventilation et des finitions ;
    • mise en place des barres de maintien pour les personnes à mobilité réduite (PMR) :
      • perçage du carrelage et alignement ;
      • fixation.

    Les contraintes observées sont :

    • des tâches de fin de chantier qui exposent le plombier à un risque de fatigue accumulée ;
    • la fragilité des matériaux manipulés (parois en verre) ;
    • le travail en solitaire ;
    • le manque de supports temporaires dû à un délai de réalisation contraint ;
    • un espace de travail restreint.

     

     

    SGA-plombier - Image 9 La manutention et la pose de parois de douche.
    Les facteurs de risques de TMS durant la finalisation de la douche
    • Manutentions manuelles

    L'acheminement des parois de douche impose au plombier le port de charges lourdes : par exemple, une paroi à trois battants est conditionnée dans 1 colis de 20 kg et 1 colis de 30 kg. L'encombrement de la charge ajoute de la difficulté pour sa prise en main et sa manipulation dans des espaces étroits.

    La manutention se trouve prolongée lors de l’assemblage et du réglage des parois, le plombier ne bénéficiant pas d'un appui complémentaire pour assurer leur équilibre, mais devant effectuer des ajustements précis et fins tout en maintenant la charge.

    • Postures pénibles

    L’assemblage de la paroi de douche est la tâche la plus contraignante. Le plombier alterne les postures debout et à genoux tout en maintenant la charge avec précaution pour limiter les risques de casse : 16 alternances à genoux/debout ont été mesurées en 46 minutes sur un chantier. Le dos et la nuque se trouvent régulièrement en flexion et en torsion pour permettre la visualisation des éléments à visser et à assembler, et la vérification du montage.

    Le travail de précision favorise la crispation musculaire : l’opérateur ressent rapidement la fatigue.

    • Vibrations

    L’usage d’outils électroportatifs produit des vibrations modérées et courtes, mais cumulées tout au long des phases de perçage et de fixation. La précision requise augmente le travail musculaire.

     

    9. Le remplacement d'un WC

    Pour effectuer le remplacement d'un WC, le plombier effectue successivement les tâches suivantes :

    • chargement, déchargement du véhicule, puis acheminement sur le chantier du WC neuf, soit une cuvette de 18 kg, un bloc « réservoir et fixation » de 6 kg et un bloc « lunette et abattant » de 2 kg, pour une masse totale de 26 kg ;
    • coupure de l’arrivée d'eau et vidange de la tuyauterie ;
    • démontage (déboulonnage, dépose, vidage) puis évacuation du WC existant ;
    • pose et fixation de la nouvelle cuvette ;
    • assemblage et mise en place du réservoir ;
    • test ;
    • fixation de l’abattant ;
    • nettoyage de la zone et évacuation des déchets.

    Les contraintes constatées durant cette activité sont :

    • la surface de travail réduite,
    • la fragilité de l'équipement à poser,
    • le poids de l’équipement à évacuer,
    • la qualité des fixations des anciens éléments.

     

     

    SGA-plombier - Image 10 La vidange d'une tuyauterie lors de la dépose d'un WC.
    Les facteurs de risques de TMS durant le remplacement d'un WC
    • Manutentions manuelles

    Le remplacement d'un WC nécessite des manutentions relativement lourdes :

    - lors du chargement et du déchargement du camion,

    - lors de l'acheminement des équipements à pied d’œuvre,

    - lors de la dépose et de l'évacuation de l'ancienne cuvette,

    - lors de la pose du WC neuf.

    Le plombier ne connaît pas à l'avance le poids de l'ancien WC, ce qui ne lui permet pas d'anticiper précisément la tâche de dépose. Pour vider l'ancienne cuvette dans un seau, il doit la maintenir en équilibre dans un espace contraint, en exerçant un effort physique soutenu.

    • Postures pénibles

    Ces opérations entraînent des flexions lombaires, des torsions du tronc et des postures accroupies pour accéder aux fixations basses. L’exiguïté de l’espace de travail accroît le risque de TMS.

    • Vibrations

    Les vibrations liées aux opérations de perçage sont modérées mais, ajoutées aux postures contraignantes liées à l’espace de travail restreint, elles entraînent un risque de TMS.

    En lien :

    Les autres risques identifiés

    L’observation des trois chantiers a permis d'identifier d’autres risques professionnels pour les plombiers lors de la rénovation d'une salle de bains.

    Risque chimique

    Le plombier risque d'inhaler des poussières fines de silice cristalline quand il procède à la dépose d'un ancien carrelage. Pour limiter cette exposition, il est nécessaire de :

    • mettre en œuvre des procédés de travail moins émissifs ;
    • aérer si possible l’espace de travail ;
    • se protéger individuellement à l’aide d'un équipement adéquat (masque de protection contre les particules fines).

    Les plombiers réalisent des soudures, ce qui les expose :

    • à des fumées, dans un espace confiné, parfois sans aération naturelle, qui peuvent provoquer des maladies touchant les poumons, les reins ou le système nerveux central ;
    • à des risques de brûlures de la peau (par contact, par projection…) et de lésions oculaires et auditives.

    Risques de chute

    Le plombier est exposé à des risques de chute de plain-pied ou dans un escalier, compte tenu des nombreuses manutentions et des ports de charges lourdes et volumineuses qui s'imposent à lui, sur des distances pouvant être longues et dans des espaces souvent étroits, encombrés et difficiles d'accès.

    Risques liés au bruit

    Les travaux de rénovation d'une salle de bains exposent également les plombiers à des nuisances sonores : liées à l’utilisation d’outils électroportatifs dans des espaces réduits où la réverbération acoustique est élevée, celles-ci peuvent entraîner une fatigue auditive et des troubles de l’audition.

    Risque biologique

    Le plombier se trouve aussi exposé à un risque biologique lors de la dépose d'équipements sanitaires usagés, et d'une intervention sur les réseaux d’eaux usées.

    En lien :

    Préconisations

    Préconisations liées à l’organisation du travail

    1. Anticiper l’intervention

    • Disposer d'informations précises sur l’opération à réaliser :
      • description de la mission et des éléments à déposer et à poser : poids, dimensions, matériaux, emplacements, typologie des murs ;
      • schéma / croquis / photos accompagnés de dimensions ;
      • liste des tâches à réaliser ;
      • quantité des éléments nécessaires à la réalisation ;
      • informations concernant le lieu d’intervention : contact, accès, dimensions de la cage d’escalier, présence d’un ascenseur, interphone, stationnement…
      • informations concernant les travaux prévus dans le même temps ou ultérieurement, par d’autres corps de métier (carreleur, peintre…).
    • Avertir les occupants, avant le démarrage de la mission (au plus tard la veille), sur la nécessité :
      • d’évacuer hors de la pièce les effets personnels, de dégager un espace d'au moins 1 m autour de la zone d'intervention, de déplacer temporairement ou de protéger les meubles amovibles ;
      • de nettoyer la zone d’intervention afin de disposer de sols dégagés et praticables, sans débris, sans obstacle, sans poussière importante, sans eau stagnante, sans résidu organique ou source de contamination nécessitant un nettoyage préalable ;
      • de contenir les animaux à distance des travailleurs ;
      • de bénéficier d'éclairages rendant visibles les zones d’intervention.
    • Déterminer la conduite à tenir et la communiquer aux salariés en cas de lieu insalubre ou dangereux, ou de présence de nuisibles, d'animaux, d'encombrements, de saletés, etc.
    • S’assurer de la disponibilité, dans l'entrepôt, en amont du chantier, de l’ensemble des éléments à poser et à utiliser afin d’anticiper un problème d’approvisionnement.
    • Utiliser le plan de mission comme une « check-list » de l’ensemble des éléments à prévoir.

    2. Améliorer l’organisation au sein du collectif de travail et de l’entreprise

    • Aménager des rangements dans le véhicule, adaptés aux volumes disponibles et aux équipements transportés, pour sécuriser le transport : rayonnages, bacs coulissants, casiers fermés, etc.
    • Programmer un temps de rangement du véhicule (une fois par an, environ) pour évacuer les éléments obsolètes, ranger par catégorie les outils et les éléments de plomberie, nettoyer et compléter l’inventaire.
    • Profiter, le cas échéant, de la proximité du chantier par rapport à l'entrepôt pour favoriser des acheminements et des évacuations d'équipements au fur et à mesure de l’avancement des travaux.
    • Développer une culture de la maintenance préventive :
      • définir des procédures collectives autour de la maintenance, de l’entretien et du remplacement des outils, l’objectif étant de développer un processus collectif plutôt que de traiter ce sujet uniquement sous l'angle de la responsabilité individuelle ;
      • anticiper l’usure pour éviter les imprévus à travers la remontée régulière d’informations, et valoriser le matériel pour qu’il soit perçu comme un levier à la fois de performance et de préservation de la santé.
    • Répartir la charge de travail pour éviter et limiter les accidents :
      • alterner les périodes d’efforts intenses dus, par exemple, aux manutentions lourdes, aux tâches prolongées à genoux, à une longue dépose de carrelage, et les périodes d’intensité physique plus faible :
      • organiser un acheminement progressif des équipements sur le chantier, voire suivre cette pratique remarquée sur un chantier observé : anticiper les manutentions des paquets de carreaux pour les approvisionner un à un lors des déplacements sans charge.
    • Organiser son lieu et son espace de travail.
    • Dégager les espaces avant d'entreprendre des manutentions volumineuses.

    Préconisations techniques

    1. Limiter les manutentions manuelles et les ports de charges

    • Identifier, en amont du démarrage du chantier, la nature et les matériaux des équipements sanitaires à déposer pour adapter l’effectif et/ou les aides à la manutention.
    • Mettre en place des aides à la manutention : monte-escalier électrique, diable à trois roues, sac à dos sur roulettes pour transporter les outils, chariot de manutention, etc.
    • Disposer d’outils d’aide à la préhension : par exemple, une ventouse électrique en cas de pose de carreaux de grand format.
    • Utiliser des supports temporaires pour aider au maintien des éléments à fixer.

    2. Limiter les postures contraignantes

    • Fournir une lampe frontale pour aider à la visualisation des zones de travail.
    • Favoriser les tâches à hauteur d'homme en mettant en place :
      • un mini-établi basculant dans le véhicule utilitaire pour réaliser des coupes et des serrages ;
      • des tréteaux en aluminium transportables sur le chantier.

    3. Réduire l’exposition aux vibrations

    • Repérer les systèmes atténuant les vibrations en examinant les caractéristiques des outils électroportatifs avant leur achat, et en réalisant un « benchmark » des innovations techniques : marteau à manche anti-vibrations, burin ergonomique avec poignée absorbante, etc.

    4. Veiller au port d'équipements de protection individuelle (EPI) et de vêtements de travail adéquats

    • Choisir avec les opérateurs, pour la protection des genoux, des dispositifs adaptés : pantalons de travail avec genouillères intégrées, genouillères additionnelles, mousse ou gel à mémoire de forme…
    • S’assurer que la dotation en EPI (gants, chaussures de sécurité, lunettes, protections auditives…) soit complète, conforme aux normes, adaptée à l’activité et utilisée par les opérateurs.
    • Assurer un suivi régulier de l’usure et du renouvellement des EPI.

    En lien :

    Atteintes musculaires et articulaires