Pourquoi maintenir des étais de séchage après décoffrage ?
Même après l’atteinte de la résistance minimale pour décoffrage (≥ 12 MPa : 50 % de la résistance à 28 jours en moyenne), le béton n'a pas encore atteint sa résistance finale et le plancher reste vulnérable aux charges longue durée, comme à son propre poids, à la surcharge chantier, ou aux futurs étages.
Étais de séchage À cette étape, des étais de séchage - à ne pas confondre avec les étais servant au coffrage ou support de coffrage - sont mis en place sous le plancher décoffré. Ils vont permettre de :
continuer de soutenir la dalle/plancher pendant la montée progressive de résistance ;
limiter les fléchissements et déformations différés (fluage) dus au poids propre ;
assurer la stabilité de l’étage en construction ;
éviter les fissurations par contraintes excessives à jeune âge ;
répartir les charges sur plusieurs niveaux ;
stabiliser l’ouvrage jusqu’à obtention en % de la résistance nominale du béton.
Nota : Le temps de séchage minimum (au moins 3 jours d’âge, soit 72 heures révolue depuis le coulage, pouvant être rallongé en période hivernale selon l’Eurocode 2) doit atteindre 20 MPa de résistance). Un point d’attention doit être porté sur les surfaces soumises au vent, à l’humidité et dans les zones ombragées.
Ce temps doit être adapté si besoin aux caractéristiques propres du béton utilisé pour obtenir la résistance minimale. Des mesures par maturométrie et l’usage de scléromètres peuvent permettre de s’assurer de l’atteinte de cette résistance minimale.
Dans le cas d’utilisation des bétons dits bas carbones ou ultra-bas-carbone, une étude spécifique doit être engagée pour valider les modalités de décoffrage. Ces bétons bas carbone ont un début de prise « retardée » et une montée en résistance plus lente que les bétons dits « classiques ».
Consignes de mise en œuvre des étais
Afin d’éviter les effets d’empilement (étaiement sur étaiement, etc.), il est impératif de desserrer et de remettre l’étai sous-plancher N-1 en contact pour intéresser la dalle dans la transmission des charges. Les espacements des étais de séchage sont à la discrétion du bureau d’étude.
Calage des étais
Afin d’éviter les efforts dus à la dilatation des étais, de la structure, dus aux vibrations (liés aux mouvements de charges, d’engins, etc.), il est indispensable de mettre en place des martyrs. Cette pièce, généralement en bois tendre type résineux, amortie ces efforts sans les transmettre au sous-étaiement. Ils peuvent être positionnés en bas ou en haut. Leur épaisseur varie en fonction de la pièce de bois. Il ne s’agit pas de camarteau ou de cales de répartition.
Martyrs sous étais