© Frédéric Vielcanet
De l’atelier au chantier, le bruit est omniprésent : c’est le facteur de risques le plus répandu dans le BTP. En tant qu’employeur, vous avez l’obligation de l’évaluer et de protéger votre équipe en conséquence. Voici les actions essentielles pour préserver la santé de vos compagnons.
Mis à jour le 12/05/2026

Le bruit est un risque majeur
C’est le risque le plus fréquent dans le BTP. Identifiez les situations les plus exposées, mettez en place des mesures de prévention, et inscrivez votre évaluation et vos actions dans le Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP).
Les outils et machines génèrent souvent entre 85 et 130 dB
Le risque augmente avec la coactivité, les espaces fermés et la durée d’exposition.
La durée d’exposition est aussi décisive que l’intensité
Une exposition prolongée à un bruit “modéré” peut être aussi dangereuse qu’un bruit très fort sur un temps court.
Les risques pour la santé sont graves et multiples
Le bruit peut entraîner des pertes auditives, de la fatigue, du stress, des troubles du sommeil voire cardiovasculaires, et des accidents du travail (mauvaise communication, baisse de vigilance).
Priorité à la prévention collective, puis individuelle
Réduisez le bruit à la source (choix d’équipements, organisation du chantier, isolation) puis équipez vos compagnons des protections auditives individuelles (dès 80 dB).
Le bruit est un phénomène acoustique produisant une sensation auditive gênante ou désagréable. De façon générale, c’est un son non désiré, ressenti comme une agression.
Un bruit peut être :
La fréquence d’un son est mesurée en hertz (Hz) :
L’intensité d’un son est mesurée par la pression acoustique dont l’unité est le décibel (dB). On exprime le niveau en dB (A) : A est une pondération privilégiant les fréquences moyennes les mieux perçues par l’oreille humaine, et excluant, dans les basses fréquences, les décibels qu'elle n'a pas la capacité d'entendre.
Le décibel est une unité logarithmique : les niveaux sonores ne s’additionnent pas. Quand un bruit double d'intensité c'est-à-dire, par exemple, quand une, puis deux ponceuses fonctionnent simultanément à la même puissance, le niveau sonore augmente de 3 décibels : 80 dB (A) multipliés par 2 correspondent à 83 dB (A).
Les outils, machines et engins constituent autant de sources de bruit sévères sur le chantier ou dans l’atelier, surtout quand ils « attaquent » du béton, du bois, du métal… Sur leurs postes de travail, vos compagnons se trouvent ainsi exposés, par exemple :
Le bruit est augmenté, sur un chantier ou dans un atelier, par :
Une exposition prolongée au bruit est tout aussi agressive pour l’audition qu’un pic sonore de courte durée.
Par exemple, si votre compagnon travaille durant 8 heures dans un environnement sonore à 81 décibels en moyenne (l'équivalent d'une rue à fort trafic), le risque est le même que s'il est exposé à un bruit instantané de 135 décibels (produit, par exemple, par un coup de marteau sur de la tôle).
L’exposition sans protection à un bruit intense a des effets sur l’audition mais aussi sur la santé en général.
Selon son intensité et sa fréquence, le bruit peut provoquer :
Le risque pour l’audition est présent dès que, dans un environnement sonore, il faut élever la voix pour se faire entendre à un mètre de distance.
Un environnement de travail bruyant, sur un chantier ou dans un atelier, peut entraîner des troubles :
Le bruit peut être aussi à l’origine d’accidents du travail consécutifs à une perte de vigilance ou à une communication inaudible.
Vous avez l’obligation, en tant qu’employeur, de mener des actions d’évaluation et de prévention suivant des règles inscrites dans le Code du travail, pour protéger vos salariés des risques liés au bruit.
Vous pouvez supprimer ou diminuer le risque en agissant à trois niveaux :
Pour commencer, prenez des mesures de protection collective contre le bruit.
Sur le plan technique, vous pouvez, par exemple :
Lors de l'organisation du chantier, vous pouvez :
Si les effets de vos actions de prévention collective se révèlent insuffisants, agissez au niveau individuel en remettant à vos compagnons des protecteurs individuels contre le bruit (PICB). Ces équipements de protection individuelle (EPI) contre le bruit sont obligatoires quand l’exposition atteint :
Les PICB doivent être portés pendant toute la durée d’exposition au bruit, qu'elle soit de quelques minutes ou de plusieurs heures.
Ces protections auditives ne réduisent pas le bruit à zéro : elles atténuent les sons, ce qui autorise les échanges verbaux ainsi que l'écoute attentive d'une machine ou d'un outil à l'œuvre.
Quand les seuils atteignent :
la zone concernée, dans le chantier ou l'atelier, doit être balisée, et son accès strictement réservé aux porteurs de PICB.
Dans votre Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), intégrez les risques liés au bruit sur le chantier : précisez les sources de bruit que vous avez identifiées et décrivez les mesures de sécurité mises en place pour vos salariés.