Il est indispensable d’organiser en amont les implantations des différentes PTE lors des phases de construction de l’ouvrage, afin de mobiliser le matériel adéquat qui sera adapté aux différentes configurations architecturales du bâtiment.
Extrait d'un plan de calepinage L’implantation des PTE est directement liée à celle des coffrages de murs et de planchers. Lors de l'étude, sont définies et précisées les dispositions spécifiques au chantier en préparation. Ces différents éléments sont consignés dans les documents de méthode (plans de rotation des banches) et dans le plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS). Ils permettront d’établir des plans d’implantation/de sécurité/de calepinage des PTE par niveau ou encore un plan au vide.
Garanties de stabilité et de résistance
Il est fortement recommandé d’accrocher la plate-forme sur un voile en ayant la garantie de sa résistance. Le bureau d’études Béton valide les modalités de stabilité de l’ensemble mur/plancher/PTE en fonction des modes opératoires et constructifs retenus.
Les hypothèses caractérisant les matériaux sont communiquées aux différents acteurs (température, résistance nominale des bétons, liaisons de ferraillage…).
Paramètres principaux analysés lors de l’étude préalable
Ancrage au droit des ouvertures Zone d’implantation dans les voiles béton : respecter les distances minimales entre les bords des ouvrages en béton armé et l’axe de la tige d’ancrage de ces supports (exemple : au droit d’une ouverture en façade, trumeaux, fenêtres, baies…). Ces dimensions minimales sont en général fournies par le fabricant de PTE qui dispose des éléments pour déterminer les efforts transmis sur le béton.
Zone interdite d'appui
Les PTE sont proposées en plusieurs dimensions à fixer sur deux ou trois appuis. Dans ce dernier cas, certaines PTE sont très rigides et exigent un parfait alignement horizontal des trois supports. D’autres types de PTE, conçues avec des poutres d’appui indépendantes, n’exigent pas une implantation aussi sévère.
La latitude d’implantation est limitée horizontalement par la condition de distance maximale entre l’axe d’un appui et l’axe de la ferme la plus proche.
La limite de positionnement des supports est fixée dans la notice d’utilisation du fabricant. Certains fabricants matérialisent la zone interdite d’appui sur la poutre d’appui par une peinture d’une couleur voyante.
Si l’on tient compte de la demi-largeur du support de l’ordre de 5 cm, la zone d’appui s’étend jusqu’à 55 cm de part et d’autre de l’axe des consoles. La position « intérieure » ou « extérieure » du support par rapport aux consoles doit être précisée par le fabricant selon la configuration de la PTE.
Dans le cas d’une implantation impossible du support dans le voile en béton, un accessoire de reprise (pied de reprise, attache sur dalle…) devient nécessaire. Des modalités particulières sont à prendre pour leur mise en place et leur retrait car ces éléments sont très lourds à manipuler.
Lors de l’étude d’implantation des PTE et de leurs supports, certaines consoles sont positionnées au droit de baies ou autres ouvertures. Leur appui doit alors être assuré, notamment, par des rallonges horizontales ou verticales de pied de console. Le principe de fonctionnement et de reprises des efforts de ces matériels ne peut se faire qu’avec la transmission des appuis simples en pied de console sur une surface capable de transmettre les efforts à la structure du bâtiment. Le bureau d’études validera ce point particulier lorsque le pied de la PTE viendra appuyer sur une allège par exemple.
Zone de circulation
L’implantation des PTE doit également tenir compte des zones saillantes du bâtiment (angles de bâtiment…) afin de prévoir et d’assurer la continuité des appuis de coffrage et des planchers de travail des salariés. Les PTE seront spécifiquement adaptées (PTE d’angle…) pour éviter le chevauchement de plates-formes ou les adaptations réalisées sur le chantier.
La vérification de la stabilité des plates-formes doit être faite sous l’effet des différents cas de charges. La barre antidécrochement ou le dispositif de verrouillage automatique ne doivent pas être pris en compte pour assurer cette stabilité.
Stockage sur PTE
Certaines PTE sont conçues, sous conditions particulières, pour être utilisées en tant que recette à matériaux afin de transférer les charges à chaque niveau. Dans ce cas, les conditions d’utilisation de la plate-forme doivent être étudiées spécifiquement avec le fabricant, tant au niveau de la reprise des efforts (nombre d’attaches, résistance du support béton…) que sur l’équipement de la PTE (plate-forme renforcée, extensions arrière, bracons de reprise…).
Il est cependant interdit de les déplacer avec la charge présente sur le plancher.
Certains fabricants demandent un complément de structure sur la passerelle (pose de bracons supplémentaire par exemple) pour reprendre les surcharges amenées par des colis importants.
Garde-corps d'about de PTE
Les dispositifs de protection contre les chutes (garde-corps d’about, auvents…) doivent être considérés non seulement à un niveau donné mais aussi au cours du changement de niveau.
Sur un même niveau : les auvents doivent être jointifs. Si les façades sont courbes, des panneaux de jonction spéciaux doivent être prévus. Si les façades comportent des décrochements, il faut compléter la protection entre les auvents décalés ou adapter leur largeur pour conserver l’alignement des auvents.
Au cours du changement de niveau : les extrémités des plates-formes doivent être équipées de garde-corps escamotables qui seront remis en fonction préalablement à la séparation des plates-formes contiguës.
L’impact d’interférences entre le chantier avec les activités ou les installations à proximité desquelles est implanté le chantier, ou de contraintes liées à l’environnement, doit être évalué en phase conception du projet par le coordonnateur SPS. Celui-ci prend en compte, dans ses analyses de risque, les risques exportés par l’opération dont il est en charge et les risques importés sur celui-ci. Il propose alors des mesures de prévention en concertation avec le maître d’œuvre pour prévenir ces risques.
Distances de sécurité entre lignes électriques et PTE Lignes électriques hautes et basses tensions (HTA et BT)
La présence de lignes électriques hautes et basses tensions au voisinage de ces zones nécessite de prendre en compte un éventuel risque de contact ou d’amorçage électrique et le respect des distances de sécurité suivantes :
- 3 mètres pour une ligne en dessous de 50 000 Volts ;
- 5 mètres pour une ligne au-dessus de 50 000 Volts.
Le plan de calepinage ou de sécurité doit tenir compte de la présence des réseaux extérieurs afin que les plates-formes ne se retrouvent dans le voisinage de ces lignes. Les phases de levage à la grue et de mise en place des PTE nécessitent également d’être prises en compte afin de vérifier si les espaces de manœuvre autour des plates-formes lors de leur élévation sont suffisants.
Survol du domaine public par une PTE Survol du domaine public - Délimitation de l’emprise chantier
Le survol et plus généralement la superposition de travaux en surplomb du domaine public est à proscrire. Il est nécessaire, pour la réalisation des ouvrages de façade, de bénéficier d’une emprise suffisante en pied de bâtiment, délimitée dans l’emprise du chantier, pour éviter tout risque de superposition de tâches avec le domaine public (comprenant également les opérations de levage et de positionnement des matériels comme les outils de coffrages ou les PTE). Le risque exporté responsabilise directement le chef d’entreprise ou son représentant si un élément (pièce, gravois, bois…) tombait dans le domaine public.
Nota - Ces contraintes peuvent directement impacter les modes constructifs et notamment la mise en œuvre, ou non, d’outils de coffrage et le recours à des PTE. Elles doivent être prises en compte dès la conception et transmises aux entreprises lors de la consultation pour guider le choix des modes opératoires (exemple : recours aux ouvrages préfabriqués plutôt que coulés en place…) ainsi que des mesures de prévention et/ou de protection qui en découleraient.
Béton
La nature même du béton doit être prise en compte dans les efforts. De fait, l’usage de bétons bas carbone, dont la formulation peut impacter le temps de séchage de l’ouvrage, doit être anticipé avec les bureaux d’études et méthodes Béton dans les phasages de pose des PTE afin d’assurer une résistance de l’ouvrage suffisante pour la reprise des efforts.
Dans certains cas, des équipements de reprise pourront être prévus pour assurer le maintien des PTE comme des étais tirant-poussant (ETP) ou d’autres dispositions décidées par le bureau d'études ou des méthodes.
Bois
La fixation de PTE sur un support en bois (exemple : murs en ossatures bois, MOB…) est fortement déconseillée, notamment du fait des propriétés mécaniques (différentes selon les directions) et de l’hétérogénéité des différentes essences de ce matériau qui rendent difficile l’identification de points d’ancrages solides et constants. La pose sur des éléments multimatériaux est également à proscrire.