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    En résumé

    L’écrasement provient d'une pression exercée sur tout ou partie du corps par une masse en mouvement (outil, objet, charge, élément de machine, mise en tension d'élingues ou de câbles, etc.). Les extrémités des membres sont les plus exposées (mains, pieds). Il résulte d’une pression entre un compagnon et une masse en mouvement dont la trajectoire est prévisible et non accidentelle.

    Ce risque est présent dans tous les métiers du BTP, notamment lorsque l’on travaille avec un outil ou sur une machine, ou bien lors de manutentions manuelles et/ou mécaniques.

    L’écrasement se différencie du heurt et de la collision qui font l’objet de fiches spécifiques. La présente fiche ne traite pas non plus de l’écrasement comme conséquences d’un renversement (retournement d’un engin, d’une banche), d’un éboulement, d’un effondrement d’ouvrage ou d’un effondrement de matériel.

    Les petits écrasements de pied ou de main sont des accidents courants. Plus rares, les écrasements par du matériel lourd sont souvent fatals. Un certain nombre de règles et de mesures de prévention sont à mettre en place pour limiter les risques.

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    Les risques d’écrasement : à quoi s’attendre ?

    Un geste maladroit, une erreur d’inattention et voilà votre main écrasée avec un simple outil à main. Cette typologie d’accident est la plus courante.

    Dans les ateliers, les machines en mouvement comme les presses, ou les organes comme les poulies ou les courroies de transmission sont à utiliser avec prudence. Les blessures peuvent aller du simple hématome ou d'une main cassée à l’amputation.

    Sur les chantiers, des charges lourdes comme des éléments préfabriqués en béton ou en bois, des échafaudages, des charpentes métalliques de plusieurs tonnes, des banches manutentionnées par une grue et mal guidées, peuvent écraser une personne.

    Guider les manœuvres évite tout risque de collision avec un travailleur sur le chantier. Guider les manœuvres évite tout risque de collision avec un travailleur sur le chantier. ©OPPBTP

    Formez vos opérateurs à leur machine de travail et leur mode de fonctionnement

    Une bonne connaissance des outils permet d’appréhender leurs mouvements prévisibles et d’anticiper les risques qui peuvent découler de ceux-ci (balan de grue, inertie d’éléments manutentionnés, etc.).

    Pour pallier le risque d’écrasement, la formation des opérateurs à partir des notices d’utilisation, de l’évaluation du risque et du retour d’expérience des équipes évite ainsi un grand nombre d’accidents. La sensibilisation à l’utilisation de certaines machines de travail comme les plieuses ou les cisailles mais aussi les appareils de levage éviteront un grand nombre d’accidents sur le chantier.

    La notice d’instruction de ces machines rappelle toutes les précautions d’emploi. Elle devra être présente au poste de travail.

    Certaines machines comme les presses plieuses, cintreuses, et d’autres machines citées en annexe 4 de la Directive Machines 2006/42/CE sont équipées de commande bimanuelle pour prévenir tout risque d’écrasement des membres supérieurs lors de leur utilisation.

    L'élingage assure la sécurité lors de la manutention d'une charge lourde. L'élingage assure la sécurité lors de la manutention d'une charge lourde. ©OPPBTP

    De nombreuses causes d’écrasement sur un chantier

    Il y a énormément de risques d’écrasement sur un chantier du BTP. Travailler avec du gros ou du petit matériel, manutentionner des éléments lourds et/ou de grandes surfaces… sont autant de situations où le risque d’écrasement est présent.

    L’écrasement résulte d’une pression entre une masse en mouvement et un compagnon (ou une partie de son corps). Les causes sont donc partagées entre la présence du salarié, la présence de la masse en mouvement et la capacité du compagnon à éviter la pression de la masse en mouvement.

    La méconnaissance, l’inattention ou l’intention d’un compagnon peut être à l’origine de l’accident

    Utilisation d’outillage électroportatif

    Les risques d’accidents bénins sont nombreux lorsque l’on travaille sur un chantier de petite comme de grande envergure. La manipulation d’outils à main tels qu’un marteau par exemple peut suffire à se blesser.

    Ces blessures sont en général dues à une maladresse, une inattention ou une utilisation inadaptée d’un outil à la tâche. Se frapper le doigt avec un marteau est très douloureux et doit être soigné rapidement. Pensez à bien avoir sur le chantier une trousse de premiers secours !

    La méconnaissance des règles d’usage rappelées dans les notices d’utilisation (ou modes d’emploi) est un facteur déclencheur.

    Contournement des éléments de sécurité

    Neutraliser un dispositif de sécurité peut entraîner un risque important d’accident pour soi-même ou ses collègues. Par exemple, sur un camion grue, ces dispositifs de "butée" sont mis en place pour éviter que le chauffeur, situé sur la passerelle de commande, ne se retrouve écrasé entre la grue et la cabine. Malheureusement, suite à des dispositifs "shuntés", plusieurs conducteurs ont déjà perdu la vie.

    Des aides à la conduite (caméras, écrans ou systèmes de détection) sont des outils précieux pour la conduite en sécurité des grues.

    Les nombreuses machines électriques utilisées par vos équipes engendrent elles aussi des risques d’écrasement d’un membre. Dès lors qu’un élément en mouvement entre en contact avec une partie du corps humain, il y a un risque. Le risque d’écrasement est présent sur des machines telles que des cisailles, des presses et des cintreuses, ou bien des organes comme des engrenages, des poulies et des courroies…

    Dans bien des cas, des carters de protection permettent d’empêcher l’écrasement. S’ils sont déposés pour une opération de maintenance, ils devront être remis en place afin d’assurer leur fonction.

    La machine doit comporter une plaque de conformité avec son marquage CE.

    Par ailleurs, les machines doivent porter des avertissements et une signalétique permettant d’identifier les risques d’écrasement. Ils sont reconnaissables grâce à des pictogrammes détaillés dans la notice d’instructions comme ceux-ci :

    Pictogrammes identifiant les risques d’écrasement. Pictogrammes identifiant les risques d’écrasement.

    Contournement des éléments de sécurité

    Des éléments de sécurité sont exigés dans les machines pour prévenir les accidents par cisaillement, happement ou écrasement. Par exemple, les machines-outils sont équipées de carters ou de barrières immatérielles pour verrouiller l’accès aux parties dangereuses de la machine, permettant à l’opérateur de ne pas s’exposer.

    D’autres fonctions de sécurité comme les commandes bimanuelles sur les presses plieuses permettront aux opérateurs de ne pas exposer leurs membres supérieurs lors de la descente de l’outil.

    Les aides à la conduite, quant à elles, sont des éléments additionnels qui permettent aux conducteurs de mieux appréhender les zones de danger. Souvent optionnelles, ces aides à la conduite ne se substituent pas aux fonctions de sécurité dans les machines et ne dispensent pas de la vigilance du conducteur.

    Pour les machines de levage, c’est l’arrêté du 1er mars 2004 qui prévoit les vérifications périodiques annuelles à effectuer, et pour le matériel routier c’est le contrôle technique qui permet de veiller à l’efficacité et à la présence des éléments de sécurité.

    La masse en mouvement peut aussi être à l’origine d’un écrasement

    Lorsqu’une masse se déplace (élément préfabriqué), son mouvement peut être perturbé par un élément extérieur. Celui-ci peut être :

    • un arrêt inopiné suite à un blocage du mécanisme,
    • une vitesse réduite par manque d’huile,
    • un changement de direction et/ou de vitesse suite à un choc,
    • une modification de la trajectoire à cause du vent, etc.

    Cette perturbation du mouvement peut entraîner un accident si le compagnon ou une partie de son corps se retrouve dans la trajectoire du mouvement, par exemple :

    • Le compagnon essaye de “décoincer” une cisaille arrêtée à cause d’un copeau.
    • Un élément préfabriqué en mouvement sur un pont roulant heurte un obstacle, tourne sur lui-même et vient écraser un compagnon contre un mur.

    Pour éviter ces situations, il convient de veiller à arrêter les machines avant d’accéder aux mécanismes (dégager les copeaux d’une cisaille) ou prévoir et respecter un balisage prenant en compte les mouvements inopinés de pièces en mouvement.

    Zones d’interface salarié/masse

    L’identification et la planification des zones d’interfaces entre salariés et charges manutentionnées permet de sécuriser l’atelier ou le chantier. Il est recommandé que cette planification soit faite le plus en amont possible afin de mettre en place une organisation du travail autour de ces zones et, le cas échéant, de mettre en place des mesures de protection collectives.

    L’investissement de moyens de manutention / de levage mécanique peut s’accompagner d’une réorganisation complète de tout ou partie de l’atelier ou du chantier pour mettre en place ces zones d’interface.

    Utilisation de moyens de levage

    Pour éviter la manutention manuelle, les matériels de levage et de manutention tels que les chariots élévateurs, les grues ou les ponts roulants sont très utiles sur les chantiers ou dans les ateliers. L’utilisation de ces matériels peut cependant également générer des risques d’écrasement. Ainsi en guidant la charge avec ses mains, un opérateur peut, au moment de la poser, se coincer le doigt ou se faire écraser le pied.

    Pour prévenir ce risque, mieux vaut ne pas guider la charge avec ses mains mais utiliser quand cela est possible une corde et conserver ainsi une distance de sécurité.

    De l'importance des formations

    On notera par ailleurs que la formation des opérateurs à l’utilisation des matériels de levage et de manutention est essentielle pour prévenir les risques liés à l’utilisation de ces machines.

    A cet effet, associé à l’aptitude médicale à la conduite de ces équipements, et à la connaissance des lieux et instructions à respecter, le CACES ® permet aux entreprises de délivrer légitimement les autorisations de conduite prévues dans le code du travail.

    Une formation à l’arrimage et l’élingage des charges est aussi recommandée pour la personne qui accroche la charge.

    Cette formation doit être dispensée par des formateurs expérimentés, compétents en matière de prévention des risques présentés par les opérations d’élingage.

    L’écrasement est également causé par l’impossibilité d’éviter la rencontre entre le salarié et la masse en mouvement

    Les situations où le salarié n’a pas les moyens d’éviter une charge en mouvement sont récurrentes, que ce soit en atelier ou sur chantier. On peut notamment citer toutes les phases de levage, de manutention de charge légère ou lourde, quelle que soit leur surface. On peut noter un nombre important d’accidents impliquant des compagnons bloqués entre une charge qui se balance et un obstacle fixe.

    Un salarié se retrouve coincé entre un mur et un élément préfabriqué balan généré par le vent. Il est donc indispensable de pouvoir anticiper toutes les situations possibles lors des phases d’approche, notamment par une réflexion sur le positionnement du salarié vis-à-vis de la charge et une réflexion plus poussée dans un environnement plus contraint (zone de stockage encombrée, bord du vide, cage d’ascenseur ou d’escalier, etc.).

    Une analyse des risques issue de la connaissance précise des situations de travail. Par ailleurs, la connaissance des notices d’utilisation des appareils de levage par exemple permet d’anticiper le potentiel accident de ces phases à risques.

    La prise en compte des éléments extérieurs soudains, type rafale de vent, heurt avec structure existante, balan naturel des appareils de levage, etc. doit faire partie intégrante de la réflexion en amont afin d’anticiper et de maîtriser ce risque notamment par des consignes précises lors de la préparation de ces tâches.

    Cas particulier : l’écrasement dans les nacelles

    Les PEMP (Plateformes Elévatrices Mobiles de Personnes, communément appelées “nacelles”) sont des engins de levage de personnes permettant de travailler en hauteur. Dans ces nacelles, un garde-corps permet d’empêcher les chutes. En cas de fausse manœuvre, il y a un risque d’écrasement des opérateurs entre une surface (un plafond, une charpente en cours de montage…) et ce garde-corps.

    Il est recommandé d’opter - quand c’est possible - pour des PEMP équipées de dispositifs de sécurité permettant d’éviter ce risque (comme des barres anti-encastrement, des protections du personnel type canopy).

    Par ailleurs, l’utilisation d’une PEMP requiert la présence d’un accompagnant au sol, dont le rôle est d’actionner les commandes de secours en cas de problème. Cet accompagnant pourra intervenir en cas d’écrasement de l’opérateur, afin d’en limiter les conséquences (notamment par l’utilisation de commandes déportées).

    L’utilisation d’une PEMP n’est à confier qu’à des opérateurs qualifiés et formés. A cet effet, associé à l’aptitude médicale à la conduite de ces équipements, et à la connaissance des lieux et instructions à respecter, le CACES ® permet aux entreprises de délivrer légitimement les autorisations de conduite prévues dans le Code du travail.

    Sur les nacelles, un dispositif de barre active offrant une marge de sécurité détecte tout risque d’écrasement et inverse le mouvement pour offrir la possibilité à l'opérateur, éventuellement paniqué, de se désengager.

    Les vérifications de l’état de conservation des PEMP et de leurs organes de sécurité sont par ailleurs importantes :

    • Ce matériel doit être vérifié tous les six mois par un organisme agréé. Le rapport de vérification doit être mis à votre disposition, et les réserves éventuelles doivent être levées.
    • Un contrôle de l’état du matériel par l’opérateur peut compléter ces obligations légales. Lors de la “prise de poste”, il pourra vérifier le fonctionnement global de la PEMP, et notamment le bon fonctionnement des doubles commandes.

    L’ensemble de ces annotations doit être formalisé dans le registre prévu à cet effet.

    Les conséquences financières

    Les accidents du travail ont un coût d’autant plus élevé qu’ils sont graves. Ils comprennent  :

    • Les dépenses médicales (indemnités journalières, frais médicaux, frais de pharmacie, éventuellement indemnités en capital ou rente alloués suite à un accident)
    • Les indemnités compensatrices
    • Le coût du remplacement
    • La désorganisation des équipes
    • Les dommages aux outils et aux matériels
    • Les dommages aux produits et aux fournitures
    • Les retards et interruptions de la production
    • Les frais de justice, les condamnations, les amendes

    Certains spécialistes estiment que les coûts indirects des accidents du travail sont quatre fois supérieurs aux coûts directs, et peuvent même parfois être jusqu’à cinquante fois supérieurs.

    Aux coûts financiers s’ajoutent les coûts subjectifs, difficiles à quantifier que sont l’image de marque d’une entreprise, la baisse de moral et les conséquences psychologiques sur les salariés. Dans les cas d’accidents graves, proposez à vos collaborateurs un suivi psychologique.

    Les conséquences humaines et financières

    Les conséquences des écrasements sont dans leur grande majorité des accidents bénins. Mais les écrasements peuvent aussi être la cause d’invalidité ou de décès. Les conséquences humaines et financières sont alors très lourdes.

    Les conséquences humaines : de la petite blessure au décès

    La plupart des accidents ont pour conséquences de petites blessures. Mais une blessure même bénigne doit être soignée dans les plus brefs délais. Non traitée, elle pourrait avoir des conséquences plus graves telles qu’une perte de motricité. Ayez une trousse de secours à jour à proximité du poste du travail pour parer aux premières urgences.

    Malheureusement, l’écrasement peut aussi entraîner l’invalidité voire davantage. Il ne faut pas sous-estimer le traumatisme psychologique des salariés de l’entreprise qui travaillent sur le chantier. En cas d’accident grave, mettez en place une cellule psychologique.

    L’accident doit faire l’objet d’un rapport. En effet, il permet d’alerter les autres travailleurs du danger potentiel d’un outil ou de la non-conformité d'une machine. C’est l’occasion de rappeler les consignes de sécurité et de vérifier qu’elles sont appliquées. Cela évitera peut-être un accident plus sérieux.

    Faites ensuite une analyse fine et complète de l’accident. Entourez-vous de personnes comme les préventeurs de l’entreprise ou les préventeurs externes comme la CARSAT ou l’OPPBTP. Ils vous apporteront des éléments d’information et vous aideront à définir des pistes d’amélioration pour la sécurité sur vos chantiers.

    Juridique

    Réglementation

    Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage - JORF 31/03/2004 : notre analyse

    Jurisprudence

    • Pied écrasé : l'entreprise condamnée pour blessures involontaires : notre analyse
    • Non-respect du PGC et effondrement : notre analyse

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