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Accidents du travail dans le BTP : la tendance à la baisse se poursuit

- Mise à jour le 30/11/2018 13:00

Le secteur du BTP a connu en 2017 une diminution sensible des accidents du travail, selon les chiffres dévoilés fin novembre par l’Assurance Maladie-Risques professionnels. Mais la hausse des décès causés par les accidents du travail et les maladies professionnelles invite le secteur à toujours plus de vigilance et d’investissement en prévention.

Calculs de statistiques

 

C’est une tendance qui se confirme d’année en année depuis vingt ans : en 2017, selon les statistiques accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) publiées par l’Assurance Maladie-Risques professionnels le 27 novembre, la fréquence des accidents du travail dans le secteur du BTP a diminué de plus de 3 % pour atteindre 56,8 accidents pour 1 000 salariés (contre 60 en 2016 et 64,8 en 2013). On dénombrait 86 886 AT en premier règlement* en 2017. « Je me félicite que l’Assurance Maladie souligne la bonne performance du BTP, relève Paul Duphil, secrétaire général de l’OPPBTP, alors même qu’il demeure le secteur le plus exposé. C’est le signe de l’amélioration des conditions de travail sur les chantiers du BTP et le résultat des campagnes menées pour faire progresser la prévention, ainsi que celui d’une amélioration des matériels et équipements mis à disposition. »

Les manutentions manuelles, première cause d’accident du travail

Quant aux causes des accidents du travail, elles ne varient pas : les manutentions manuelles arrivent en première position (48,5 %), suivies par les chutes de hauteur (17,1 %), l’outillage à main (14,9 %), les chutes de plain-pied (13,8 %) et le risque routier (1,6 %).
« Cette année, une donnée doit nous interpeller, souligne Paul Duphil : le nombre de décès en hausse sensible par rapport à l’an dernier – qui était une année historiquement basse – pour ce qui concerne tant les accidents du travail que les maladies professionnelles. » En 2017, le nombre de décès à la suite d’un accident du travail s’élevait à 120, contre 112 en 2016 et 130 en 2015. Et les décès consécutifs à une maladie professionnelle sont au nombre de 37 en 2017, contre 24 en 2016 et 23 en 2015. Quant aux décès liés aux accidents de trajet, leur nombre est passé de 29 (en 2016) à 28 (en 2017), contre 26 en 2015. « Ces données sont trop faibles pour en tirer des conclusions en termes statistiques, observe Philippe Bourges, ingénieur conseil à l’Assurance Maladie-Risques professionnels. Sur le long terme, depuis 1950, on observe toutefois une baisse continue du nombre de décès. »

Des priorités d’actions ciblées

« C’est bien pour infléchir la courbe des accidents graves et mortels que nous adoptons des priorités d’actions ciblées. C’est aussi la raison pour laquelle dans les premières approches de notre outil MonDOCunique Prem’s, l’accent est mis sur les risques prioritaires (chutes de hauteur, heurts d’engins, écrasement et ensevelissement) dont les entreprises doivent se saisir en premier », précise Paul Duphil. L’OPPBTP et l’Assurance Maladie-Risques professionnels sont notamment partenaires de la campagne « Chutes de hauteur, pas droit à l’erreur », un des risques prioritaires d’action identifié dans le plan santé au travail 2016-2020, aux côtés de l’exposition aux produits chimiques, des risques psychosociaux et du risque routier. Quant aux accidents de trajet, ils connaissent toujours une tendance à la baisse dans le BTP (-1 %), alors que, tous secteurs confondus, ce risque est à la hausse (+4,3 %).

Des maladies professionnelles plus nombreuses

De leur côté, les maladies professionnelles dans le secteur du BTP sont plus nombreuses : +3,5 %, alors que le nombre de salariés augmente de 1,5 %. « La tendance à la baisse des maladies professionnelles observée les deux années précédentes est stoppée, regrette Philippe Bourges. On retrouve le niveau de 2015 avec 6 779 maladies professionnelles en premier règlement. » Parmi les causes, les affections péri-articulaires (73 %) arrivent toujours loin en tête, devant les affections du rachis lombaires dues aux manutentions de charges lourdes (10%) et les lésions chroniques du ménisque. Les maladies liées à l’amiante représentent 3 % des maladies professionnelles et la surdité 2 %.

« Les TMS représentent plus de 80 % des maladies professionnelles, commente Philippe Bourges. Ils sont toujours une priorité sur laquelle nous nous mobilisons avec le lancement de la campagne sur les lombalgies et la poursuite du programme TMS Pros, avec un ciblage important dans le BTP. » Autre priorité de la branche : le programme national pour lutter contre les risques liés aux produits CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques) et les cancers professionnels.
À noter que dans l’ensemble des secteurs, la baisse du nombre des maladies professionnelles se poursuit (-0,5 %) mais moins qu’entre 2015 et 2016 (-4,3 %). Quant aux maladies liées à l’amiante, elles diminuent aussi (-5,9 %).

Une exposition insidieuse au risque chimique

« L’exposition à de nombreux produits chimiques CMR reste insidieuse, remarque Paul Duphil. Nous continuerons à être mobilisés sur le risque chimique et à développer des actions de prévention en 2019, tout comme le projet Carto Amiante. » Le sujet du risque chimique sera également au programme des journées nationales de santé au travail dans le BTP à Metz, et à celui de la Journée prévention de la FFB en 2019.

« Face à ces risques peu visibles, voire invisibles, poursuit le secrétaire général de l’OPPBTP, la prévention est plus difficile sur le terrain, il faut prendre des mesures particulières pour y remédier. Pourquoi pas, par exemple, odoriser les produits chimiques contenant des substances dangereuses pour le signaler systématiquement aux travailleurs ? » Si cette proposition n’a pas été retenue pour le moment, il n’en reste pas moins que la profession demeure particulièrement impliquée sur ces sujets.

« D’une manière générale, il faut que le BTP arrive à passer un cap en termes d’investissement dans la prévention, souligne de son côté Philippe Bourges. Les entreprises doivent notamment intégrer davantage la prévention dans leurs compétences en management. Dans certaines entreprises moins structurées, nous avons de véritables difficultés à entamer un dialogue sur le sujet. Et quand nous lançons des programmes spécifiques, elles ne viennent pas spontanément vers nous. »

* Ayant donné lieu à une réparation sous forme d’un premier paiement d’indemnité journalière ou d’un premier versement du capital ou d’une rente.

 



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