Le risque silice

Le risque silice

En France, 295 000 salariés tous secteurs confondus seraient concernés par l’exposition à la silice cristalline*. Dangereuse pour la santé, La silice cristalline est présente dans de nombreux matériaux (bétons, mortiers, colles, matériaux à base de céramique : carrelage,...). Le sablage ou le ponçage de béton, la découpe de carrelage ou d’ardoises, la maçonnerie, les travaux de terrassement ou encore les travaux de démolition exposent les travailleurs aux poussières chargées de silice cristalline.
* Enquête Sumer 2010

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Les bonnes pratiques

Souvent sur les chantiers, la présence simultanée de travaux et donc d’opérateurs, dans des environnements restreints ainsi que les difficultés de contrôler les empoussièrements dans des espaces ouverts imposent la mise en place de mesures d’organisation et de coordination. L'objectif : diminuer l'intensité des d’expositions et le nombre des personnes exposées et réduire les risques environnementaux.

Organiser les travaux

Limiter les expositions
  • Planifier et coordonner les interventions des divers corps d’état sur chantier pour limiter la coactivité. Répartir les interventions dans l’espace et dans le temps.
  • Limiter au personnel strictement nécessaire à l’exécution des travaux les accès aux zones polluées : baliser les circulations, mettre en place des signalisations de danger et d’interdiction de zones , contrôler effectivement les mesures.
Réduire les efforts physiques

Certains modes opératoires contraignants conduisent les opérateurs à effectuer des efforts physiques importants, respirer plus intensément et par conséquence inhaler plus de poussières. L’organisation des travaux de l’équipe doit permettre de réduire l’intensité de l’activité physique notamment par :

  • la réduction du port manuel de charges, notamment au moyen d’aides à la manutention et la réduction du poids des charges.
  • Le bon équilibre entre durées de travail et périodes de récupération, notamment lors de port d’équipements de protection respiratoire.
  • La prise en compte des fortes températures ambiantes (soleil, proximité de fours...) : aménagement d’horaires, rotation des équipes, équipement de brumisation.
Installer des équipements d'hygiène

Des installations d’hygiène (vestiaires, lavabos, douches) seront mises à disposition des opérateurs, correctement équipées et en nombre suffisant, leur permettant de se laver  et de se changer en fin de poste.

  • Nettoyer régulièrement les postes de travail et les installations par lavage ou par aspiration mécanique.

La formation et l’information des salariés est nécessaire : faire connaître aux opérateurs les risques et les mesures de prévention correspondantes leur permettra d'adopter un comportement de prévention adapté à ce risque.

Substituer

Substituer la silice cristalline par d’autres matériaux moins dangereux

 

  • Lors  de sablage/décapage mécanique de façades, de surfaces : remplacer le sable siliceux par des matériaux  moins émissifs comme des billes de corindon ou de plastiques, des grenailles de fer, des poudres de calcaire, des scories de fusion, suivant les matériaux à traiter.

A retenir
Si les travaux de décapage des métaux sont réalisés généralement à sec afin d'éviter leur corrosion, cela entraine l'interdiction d'utiliser des abrasifs contenant plus de 5% de silice libre.

  • Lors de travaux de fumisterie dans les fours : poser des briques  réfractaires en magnésite ou en corindon à la place des briques siliceuses.
  • Remplacer les enduits ou mortiers-colles standard par des produits "sans poussière".
Substitution de modes opératoires

La silice peut être présente dans le support que l'on cherche à nettoyer (pierre, brique, tuile, béton, etc.) et dans le produit qu'on utilise pour effectuer ce nettoyage au jet. Pour supprimer ou diminuer fortement le risque généré par la silice dans ce type de travaux, on peut choisir des techniques de substitution :

  • qui, d'une part, ne font pas appel à des abrasifs contenant de la silice libre.
  • Qui sont suffisamment "douces" pour ne pas libérer la silice contenue danses matériaux nettoyés.
Nettoyage chimique, nettoyage mécanique
  • Remplacer les engins traditionnels de démolition par des équipements télécommandés et/ou robotisés permettant d’éloigner les opérateurs des émissions de poussières et de limiter leurs expositions.
  • Utilisation d’outil à main tels que le coupe-tube à chaine à la place des disqueuses ou tronçonneuses traditionnelles, notamment lors de petits travaux.

Les procédés spéciaux utilisant le laser, la cryogénie ou les ultras-sons sont utilisés en général dans les monuments historiques pour des travaux délicats et de précision.

equipement robotisé
coupe-tube a chaine

Rabotage perçage avec équipement robotisé et équipé d'une aspiration à la source

Coupe tube à chaine

 

Nettoyage laser

Nettoyage au laser

 

Du chantier à l'atelier
Transférer les travaux  de découpe, de décapage...  du chantier à un atelier  bien équipé et ventilé (hottes aspirantes, cabines) permet de diminuer fortement les expositions.

Travailler à l'humide

Quel que soit le produit utilisé pour effectuer le sablage, le travail à l'humide doit être privilégié dans le mesure du possible. Cela permet de diminuer très fortement l'émission de poussière.

Gommage et hydro-gommage

Le sablage traditionnel à sec a pratiquement disparu et a été largement remplacé par le gommage et l'hydrogommage (voir ci-dessous) qui offrent de bien meilleures conditions de travail. Ces techniques moins agressives pour les matériaux, sont réalisées à basse pression, avec de l'eau pour l'hydro gommage ou à sec pour le gommage.

Hydrogommage

 

Rabattre les poussières à la source

Utiliser des équipements à adduction d’eau permettant le rabattage des poussières à la source des émissions :

  • Équipement de démolition équipé de brumisateur ou d’aspersion d’eau (voir ci-dessous à gauche une cisaille de démolition équipée de système d'aspersion)
  • Équipement d’usinage (découpe,ponçage, polissage) de pierre tels que scie, tronçonneuse ou polisseuse (voir ci-dessous à droite une scie de découpe asservie à l'adduction d'eau)
cisaille

 

scie de découpe

 

Il existe également des raboteuse d’enrobés équipé de système d’aspersion d’eau et de jupes latérales.

Humidifier

Humidifier les surfaces et les supports avant travaux et au cours des travaux.

  • Arroser préalablement les zones à raboter ou à démolir.
  • Entretenir régulièrement les pistes de circulation (voir ci-dessous).

Selon les travaux à réaliser, divers équipements pourront être utilisé : brumisateur, rampe sur citerne, pulvérisateur (pour les travaux ponctuels), portique d’arrosage, etc.

Entretien des pistes
Brumisateur

 

Aspirer les poussières à la source, isoler, ventiler

Mettre en place des dispositifs de captage à la source

Lors des travaux de sablage de façade, il est nécessaire de prendre en compte de la pollution environnementale. L'emploi de matériel équipé de système d'aspiration de poussière intégré (voir ci-dessous une nacelle pour nettoyer les façades équipée d'un extracteur) permet de réduire considérablement la quantité de poussière émise dans l'environnement. Ce type de matériel est utilisé dans la technique du gommage.

Nacelle
Nacelle2

 

Lors de travaux de grenaillage ou de brossage de dalles sur chantier, l'emploi de matériel équipé de système d'aspiration de poussières intégré (voir ci-dessous une polisseuse reliée à un cyclone d'aspiration) permet de réduire considérablement la quantité de poussières résiduelles émises. Ce type de matériel est à privilégier chaque fois que cela est possible.

polisseuse

Pour des travaux plus ponctuels, l’utilisation de hottes aspirantes ou d’aspirateur industriel équipés de filtre absolu constitue une bonne alternative.

Isoler les postes de travail

Travaux en cabine

Les travaux de décapage ou de dépolissage au jet réalisés en atelier doivent être effectués soit en système clos, étanche et non accessible à l'homme, soit en cabine.

Lorsque l’opérateur réalise les travaux en cabine (voir ci-contre), celle-ci doit être de dimensions telles qu'il puisse se déplacer librement autour de la pièce traitée.

Les cabines sont ventilées par extraction et ainsi maintenues en  dépression pour éviter de polluer l'environnement. Pour plus de sécurité la cabine peut être isolée des autres parties de l'atelier.

Sur les  chantiers, selon leur nature, leur importance et leur emplacement, les travaux peuvent nécessiter un confinement partiel ou total de la zone travail afin d’éviter une dispersion des poussières de silice dans l’environnement. Ces dispositifs seront couplés à des systèmes d’extraction, de filtration et de renouvèlement d’air.

Pour les conducteurs d'engins et de véhicules, il est possible de supprimer le risque dû aux poussières de silice en équipant la cabine de l'engin d'un système de filtration et de pressurisation d'air.

Porter des protections individuelles adaptées

Demi-masque

Lorsque les dispositifs de protection collective ne permettent pas de diminuer suffisamment le niveau d’empoussièrement garantissant le respect de la VLEP, l'opérateur doit s'équiper d’appareils de protection respiratoire. Selon les travaux concernés, divers EPI complémentaires seront nécessaires (tablier, combinaison à usage unique, gants, etc..).

Ces protections respiratoires doivent intégrer des filtres de classe P3 qui assurent un rapport d’efficacité de 99,95 %.

Selon les travaux, on peut utiliser :

- un masque P3 anti-poussières pour de faibles empoussièrement et de courtes interventions (< 1 heure) comme le percements dans structure en béton.

- Un masque à ventilation assistée TM3P pour des interventions plus longues et avec empoussièrement conséquent : rabotage de dallage béton ou d’enrobés par exemple.

- Un masque isolant à adduction d’air (apport d’air neuf) pour les opérations très exposantes, comme le sablage de béton ou de pierre (voir photo ci-dessous).

Lorsque l'empoussièrement est important, il est recommandé de porter des combinaisons à usage unique  de type 5 dotés d'une capuche.

Lors de sablage ou de grenaillage, le port d’un tablier pourra être associé au masque isolant.

Pour les travaux à l’humide, favoriser le port de vêtements de pluie.

Enfin il ne faut pas oublier d'associer à ces équipements le port de gants vinyle ou néoprène, doublés coton et le port de protections oculaires.

Masque à adduction d'air

 

Gestion des déchets

Lors du transport des déchets, bâches, capots sur bennes ou convoyeur, jupes ou carters sur équipements de travail complèteront efficaement les mis en place dispositifs pour limiter les  émissions de poussières.

Les déchets pulvérulents (brisures et poussières) sont conditionnés dans des sacs étanches de type GRV (grand réservoir vrac), fermés hermétiquement.

Benne bâchée
Stockage de GRV sur chantier

Benne bâchée

Stockage de GRV sur chantier

 


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