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En résumé

Présente à l’état naturel dans le sable et les carrières, la silice cristalline est également présente sous forme transformée dans de nombreux matériaux comme le béton, le carrelage, le plâtre et le mortier (plus que la peinture)… L’inhalation de poussières de silice cristalline peut provoquer des maladies graves et des cancers.

En France, près de 365 000 travailleurs seraient exposés à la silice cristalline dont une majorité d’artisans et de salariés du BTP. Les situations de travail et métiers susceptibles d’être concernés sont nombreux parmi lesquels on note notamment les sableurs, opérations de démolition, opération de découpe (béton, carrelage), taille de pierre et opération de ponçage béton.

Découpe de dalles béton générant de la poussière de silice. Découpe de dalles béton générant de la poussière de silice. © OPPBTP

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Exposition à de la silice cristalline : de nombreuses situations à risque

La silice cristalline, souvent appelée « quartz » est un matériau présent à l’état naturel dans certains granits, calcaires et pierres volcaniques. Du fait de sa solidité et de sa résistance, la silice cristalline est largement utilisée dans le BTP. La silice cristalline est une composante importante de la fabrication de matériaux de construction tels que le béton, le carrelage, le plâtre ou encore les enrobés bitumineux. Lorsqu’elle est inhalée, la poussière de silice cristalline pénètre dans les poumons et peut provoquer des maladies graves comme la silicose (qui a particulièrement affecté les mineurs aux siècles derniers) ou des cancers broncho-pulmonaires.

Fabriquer du béton ou du ciment, raboter une route, gratter de la peinture ou découper du placo-plâtre sont donc des situations à risque.

Du démolisseur au tailleur de pierre, en passant par le maçon ou le canalisateur, de nombreux artisans et salariés de notre secteur sont exposés à ce risque souvent ignoré. Des mesures préventives efficaces peuvent pourtant être mises en place : aspiration à la source, humidification/arrosage, port de masque et de combinaison…

Découpe de tuyaux béton Découpe de tuyaux béton © OPPBTP

Un matériau largement utilisé mais dangereux

Il existe trois formes de silice cristalline : le quartz, la cristobalite et la tridymite. En France, la forme principale est le quartz.

La silice cristalline fait l’objet d’une attention particulière des organismes de santé nationaux et internationaux depuis de nombreuses années.

En 1997, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé la silice cancérogène pour l’homme. Le 22 mai 2019, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a confirmé un risque sanitaire élevé pour les populations exposées à la silice cristalline. Elle estime que quelque 365 000 travailleurs seraient concernés par ce risque. Entre 23 000 à 30 000 travailleurs le seraient à des niveaux excédant la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) de 0,1 mg/m3, en vigueur en France sur 8 heures. Plus des deux tiers de ces niveaux d’exposition concernent le secteur de la construction.

Un risque sous-estimé

Parce qu’ils sont habitués à travailler dans un environnement de travail empoussiéré depuis de nombreuses années, les professionnels du BTP ne mesurent pas les dangers liés à l’exposition aux poussière de silice cristalline. Il est donc primordial d'informer les artisans et salariés les plus exposés en les sensibilisants aux conséquences d’une inhalation répétée de particules siliceuses sur la santé. Par ailleurs des mesures de prévention collectives doivent être misent en œuvre. Ces dernières passent par une évaluation des risques avant le chantier puis par la mise en place de solutions pour limiter l’émission de poussières comme le captage à la source ou l’humidification/arrosage. Il est nécessaire de remplacer le sable de silice cristalline par des matériaux moins dangereux, notamment lors d’opérations de sablage ou de décapage.

Lors de travaux susceptibles de dégager de la poussière de silice cristalline, le port des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés est par ailleurs fortement recommandé.

Réalisation de travaux produisant de la poussière de silice cristalline

Le risque d’inhalation de poussières de silice cristalline existe dès que de la poussière est produite, par exemple lorsque l’on gratte, que l’on perce ou que l’on taille des matériaux qui en contiennent.

L’intervention sur des matériaux dégageant de la poussière contenant de la silice cristalline

Tous les travaux qui produisent de la poussière de silice cristalline sont à risque, qu’il s’agisse d’activités de démolition, de décapage, de réalisation de béton… Plus la poussière dégagée est fine, plus le risque sanitaire est important.

Le risque d’exposition aux poussières de silice cristalline est amplifié en milieu clos. Afin de réduire les émissions de poussières pouvant contenir de la silice cristalline, des mesures de prévention collectives doivent être mises en œuvre.

Les mesures les plus efficaces sont la captation à la source d’émission ainsi que le travail à l’humide. Quand cela est possible, il est important de bien ventiler la pièce pour que la poussière de silice cristalline soit évacuée.

Les maladies liées à l’inhalation de silice cristalline

L’inhalation de poussières de silice cristalline provoque des irritations des yeux et des voies respiratoires mais également des maladies différées qui se développent après plusieurs années d’exposition. Elles affectent en premier lieu les poumons.

Des maladies souvent graves

L’inhalation de poussières de de silice cristalline peut provoquer une irritation des yeux et des voies respiratoires en cas d’exposition aigue ainsi que des bronchites chroniques en cas d’exposition répétées.

Des maladies graves tels que des cancers bronchopulmonaire ou des silicoses (fibrose pulmonaire) peuvent se déclencher à la suite d’expositions prolongées dont l’évolution se poursuit même après la cessation de l’exposition.

Une exposition à la silice cristalline favorise le développement de maladies auto-immunes comme la sclérodermie systémique, le lupus érythémateux systémique et la polyarthrite rhumatoïde.

L’exposition à la silice cristalline est aussi à l’origine de maladies telles que la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’emphysème ou la tuberculose.

Réglementation

Prévention des risques chimiques

Comme pour toute activité, les principes généraux de prévention s’appliquent à l’exposition à la silice cristalline.
Depuis le 1er janvier 2021, les travaux exposant à la poussière de silice cristalline alvéolaire issue de procédés de travail son classés comme agent cancérigène (arrêté du 26 octobre 2020 fixant la liste des substances, mélanges et procédés cancérogènes au sens du code du travail). Dès lors qu'un salarié est exposé dans le cadre de son activité professionnelle à de la silice cristalline alvéolaire, l'employeur doit désormais respecter la réglementation spécifique aux agents CMR (cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques) (articles R4412-59 à R4412-93 du Code du travail).

Valeur limite d’exposition professionnelle à la silice cristalline

Article R4412-149 du Code du travail :

La concentration moyenne en silice cristalline libre des poussières alvéolaires de l'atmosphère inhalée par un travailleur pendant une journée de travail de 8 heures ne doit pas dépasser :

  • 0,1 mg/m3 pour le quartz
  • 0,05 mg/m3 pour la cristobalite et la tridymite

Articles R4412-154 et R4412-155 du Code du travail : VLEP applicable en cas de présence simultanée de poussières alvéolaires contenant de la silice cristalline et d'autres poussières alvéolaires non silicogènes.

Arrêté du 10 avril 1997 relatif au contrôle de l'exposition des travailleurs exposés aux poussières de silice cristalline : contrôle de l’exposition des travailleurs aux poussières de silice, VLEP, organismes agréés.

Directive 2004/37/CE du Parlement Européen et du Conseil du 29 avril 2004 concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l'exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes au travail : cette directive fixe la limite d'exposition professionnelle pour la poussière de silice cristalline alvéolaire à 0,1 mg/m³.

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