• Ajouter à mes favoris (espace e-prévention)
  • Imprimer
  • Grossir le corps de texte Diminuer le corps de texte
  • Partager

Campagne Travaux en hauteur : des retours terrain prometteurs

- Mise à jour le 06/12/2018 10:45

En quatre ans, plus de 2 300 entreprises ont bénéficié d'un diagnostic personnalisé de l’OPPBTP et des Carsat pour améliorer leur démarche de prévention des chutes de hauteur. L’opération a permis d’amorcer une dynamique positive qui se poursuit par la mise en œuvre d’une nouvelle phase en 2019.

Opérateur sur des travaux en hauteur

 

L’heure du bilan a sonné pour le volet terrain de la campagne nationale « Travaux en hauteur, pas droit à l’erreur », menée par l’OPPBTP et la Cnam. L’objectif : faire progresser en les accompagnant individuellement les entreprises de 20 à 49 salariés des secteurs les plus exposés au risque chute de hauteur, à savoir la couverture, la charpente, la construction métallique et la maçonnerie. Cette cible a été répartie entre les deux partenaires de l’opération. Au total, ils ont diagnostiqué plus de 2 300 entreprises.« C’était la première fois que nous travaillions sur un panel d’entreprises ciblées, souligne Christophe Catheline, directeur des opérations à l’OPPBTP. Parmi celles-ci, nous en connaissions certaines, d’autres non. Pour nos équipes, l’enjeu de départ consistait donc à se faire ouvrir la porte, et ensuite à les convaincre de s’investir dans la démarche en leur proposant un accompagnement adapté à leurs besoins ». Défi relevé avec brio : parmi les 1 600 entreprises contactées, 72 % ont accepté d'engager des actions de prévention après un diagnostic établi à partir de visites de chantier et d’échanges avec l’encadrement.

Chiffres clés

  • 3 000 entreprises ciblées par la campagne
  • 16 % de progression de la note du diagnostic en fin de campagne
  • 2 300 entreprises diagnostiquées par les deux partenaires

Bilan OPPBTP

  • 1 150 entreprises engagées avec l’OPPBTP dans des actions de prévention
  • Plus de 5 300 actions de conseil
  • 464 actions d’accompagnement
  • 1 300 actions de formation

Bilan Cnam

  • 195 contrats de prévention signés avec la Cnam
  • 417 injonctions de la Cnam
  • 802 "AFS Échafaudages +" accordées, avec au moins deux salariés formés par tranche de dix salariés

Des dispositifs efficaces

Les deux réseaux sont intervenus avec leurs spécificités. Du côté de l’OPPBTP, une offre de services en conseil technique et en accompagnement pour les cent trente conseillers mobilisés, et du côté de la Carsat, « un service sur mesure et des coups de pouce financiers, en particulier l’AFS Echafaudages +, très appréciée, mais aussi des injonctions en cas de graves manquements », précise Philippe Bourges, ingénieur conseil à la Cnam. Ces dispositifs ont porté leurs fruits. « Le temps est trop court et la cible trop restreinte pour mettre en évidence des effets statistiques en termes d’accidentologie, mais les actions menées dans les entreprises ont eu des résultats concrets et ont modifié l’approche qu’elles avaient de la prévention », estime le représentant de la Cnam.

Les intéressées le reconnaissent elles-mêmes. Ainsi, Cabete, une entreprise belfortaine de construction de gros œuvre, façades et bardage, avait déjà investi dans des échafaudages MDS. Mais les nouvelles préconisations de l’OPPBTP et une subvention de la Carsat l’ont amenée à faire un pas supplémentaire avec l’achat d’escaliers en 2017. L’acquisition d’ascenseurs est aussi à l’étude. « Ces moyens d’accès aux différents niveaux d’un bâtiment en construction améliorent la sécurité et le confort de nos ouvriers », note le dirigeant Emmanuel Cabete. Aujourd’hui, quasiment plus aucun accident sur les échafaudages n’est à déplorer et le turn-over est en baisse. « Nous allons continuer à travailler sur le long terme avec l’OPPBTP pour nous améliorer encore et nous adapter à l’évolution des matériels », ajoute-t-il.

De nouveaux modes opératoires

Lima Toitures, entreprise montpelliéraine de charpente et de couverture, avant même la campagne, avait investi dans des équipements à la suite d'un contrat de progrès signé en 2005 avec l’OPPBTP et renouvelé en 2015. Ce qui l’a notamment conduite à acquérir une grue de levage pour un montant de 109 000 euros, dont 17 % ont été financés grâce à une aide de la Carsat. Dans le cadre de la campagne chute de hauteur, grâce au soutien de l’OPPBTP, elle a construit un plan de formation du personnel de chantier et la rédaction de nouveaux modes opératoires pour les travaux en hauteur. « Désormais, sur le terrain, la mise en place des diverses protections est acquise, et nos salariés savent que dans les situations de coactivité, ils doivent nous alerter et arrêter le travail en cas de risque constaté », affirme son directeur et chargé de prévention Nerman Dzananovic. Par ailleurs, l’utilisation de la grue de levage est devenue massive, généralisant le montage des charpentes au sol et minimisant le travail en hauteur, lorsque la surface est suffisante, ce qui permet aussi d'accroître la rentabilité.

Salse, spécialiste varois de la construction métallique, avait de longue date remplacé les échelles par des nacelles. Mais les échanges avec l’OPPBTP ont permis de dégager deux pistes d’amélioration : l'installation systématique de tours d’accès pour les accès en toiture et de filets périphériques pour la protection bas de pente. L’entreprise a sélectionné ses fournisseurs et a convaincu ses sous-traitants, spécialisés dans la pose et l’étanchéité, de réaliser les investissements nécessaires, d’une hauteur de 20 000 à 30 000 euros. Elle constate que les réticences de ses salariés ont rapidement disparu pour laisser place à un sentiment de sécurité accru.

« Nos équipes ont elles-mêmes progressé à travers cette expérience, note Christophe Catheline. Pour poursuivre sur cette lancée encourageante, elles ont été invitées cette année à évaluer le potentiel d’amélioration des entreprises suivies et à leur proposer de nouveaux outils pour les y aider. Une démarche qui sera prolongée en 2019  ». Parallèlement, l’accent sera mis sur les entreprises des métiers de la charpente et de la couverture, de 10 à 49 salariés, les plus impactées par le risque de chutes de hauteur. La Cnam, de manière complémentaire, portera ses efforts dans son programme 2018-2022 auprès d'une cible de maîtres d’ouvrage et d’entreprises qui travaillent avec eux.



  • Ajouter à mes favoris (espace e-prévention)
  • Imprimer
  • Grossir le corps de texte Diminuer le corps de texte
  • Partager

Découvrez le magazine PréventionBTP

Magazine Prévention BTP

Abonnez-vous à la newsletter !

Restez connecté à la prévention en vous inscrivant à notre newsletter et recevez tous les mois en exclusivité toute l'actualité de la prévention dans le BTP.